Jean-Pierre Ferland - Cali - La chorale n'était pas là pour faire joli

Pour tout dire, j'allais hier voir une petite demi-heure du spectacle de Jean-Pierre Ferland à Wilfrid-Pelletier pour m'en plaindre. Par principe. Parce que le spectacle s'intitulait Le Petit roi et que ça prêtait à confusion, rapport à l'album-hommage de même nom paru l'hiver dernier et vendu à quelque 60 000 exemplaires.

Était-ce le spectacle de l'album? Non. Confusion d'autant plus confuse qu'un autre spectacle, présenté samedi 14 août prochain à L'International des montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu, réunira le même Ferland et la plupart des invités dudit album (dont Kevin Parent, Éric Lapointe, Sylvain Cossette...) et que ce spectacle aussi s'appellera Le Petit roi. Pourquoi n'était-ce pas ce spectacle-là qu'accueillaient la PdA et les FrancoFolies? Pourquoi reprendre tout bêtement le spectacle de Ferland avec les Choeurs du nouveau monde, donné au Festival d'été de Québec il y a moins d'un mois?

J'ai eu ma réponse: ce spectacle aussi, peu importe son titre, méritait son soir dans une salle montréalaise. Quand je suis arrivé, Ferland et la chorale amorçaient Le Chat du café des artistes, chanson rarement interprétée sur scène: la version était immense, et les Choeurs y étaient pour quelque chose. Suivait une autre rareté, plus rarissime encore en spectacle: God Is An American. La chorale adulte, augmentée d'une chorale d'enfants, faisait merveille dans le fameux canon anglais-français-allemand: j'en croyais à peine mes oreilles, c'était comme sur le disque, en plus riche. Décidément, Ferland avait fouillé son répertoire en fonction des 150 voix disponibles: voilà qu'il ressortait Le Cerf d'Amérique de nulle part, splendide inconnue au bataillon, histoire de chasse évoquant les assassinats de John et Robert Kennedy.

Surprise heureuse après surprise heureuse, Ferland a ensuite mis les Choeurs du nouveau monde à contribution pour éprouver des extraits de la comédie musicale qu'il est à écrire avec son chef d'orchestre Alain Leblanc: l'histoire d'amour d'Édouard VIII et Wallis Simpson est un canevas romantique idéal, constatait-on, et les mélodies ne manquaient pas d'invention. J'ai quitté alors que l'énervante choriste Lyne Jodoin donnait sa tapageuse réplique à Ferland dans Un peu plus loin: pas question de gâcher le portrait.

Plus tôt au Parc des festivals, le chanteur français Cali aura confirmé la bonne impression laissée à Spa: le garçon de Perpignan a de l'intensité et du coeur, et il n'a pas eu de cesse tant que la foule et lui n'étaient pas en parfaite symbiose. Ses histoires de mal-aimés données sur le mode ironique (Le Grand jour, notamment) étaient tout aussi convaincantes sur ce terrain vierge, et l'on sentait un vrai courant de sympathie passer. Massivement. Ce soir au Spectrum, avec Urbain Desbois, ça pourrait déjà être la consécration.