Prism III, OEuvres pour quatuor à cordes

Au temps où existaient encore des rassemblements conviviaux de mélomanes nommés « concerts », la salle Bourgie avait organisé une intégrale des Quatuors de Beethoven pour commémorer ce dernier. Le concert inaugural, un coup de maître, éclipsa tout. Il était confié au Quatuor Danois, qui sidéra l’audience par le raffinement du son et des nuances, la qualité des textures. Les Danois ont entrepris un périple discographique chez ECM où les derniers Quatuors de Beethoven sont mis en regard avec Bach et avec un auteur majeur du XXe siècle : Chostakovitch dans Prism I (Op. 127) et Schnittke dans Prism II (Opp. 130/133). Le rapprochement de l’Opus 131 avec le 1er Quatuor de Bartók est fascinant, car ils semblent naître tous les deux comme par excroissance de quelque chose d’ascétique et linéaire. Dans Beethoven comme dans Bartók, les Danois creusent l’infinitésimal et leur son soyeux rappelle celui des Orlando de la grande époque. La Fugue en ut dièse mineur BWV 849 de Bach (même tonalité que le Quatuor op. 131) clôt ce parcours ardu, mais renversant.

 

 

Prism III

★★★★★

Oeuvres pour quatuor à cordes, Quatuor Danois, ECM 485 5417