Robert Schumann, Trio Wanderer

À l’automne 2020, le Trio Wanderer a mis ses émotions, ses automatismes et son talent unique au service de Schumann. Dès l’entame « avec énergie et passion » du 1er Trio, on perçoit une différence majeure par rapport au fameux Beaux-Arts Trio : les habits de caméléon endossés par le pianiste Vincent Coq. Contrairement à Menahem Pressler, il n’est pas omniprésent : parfois, il se fond dans la matière, parfois il prend la parole. Chaque protagoniste fait de même, pas sous forme de joute, mais comme dans un théâtre heureux. Sons, textures, équilibres participent d’un scénario parfait dans lequel pas un mot, pas une virgule ne serait à changer. Or, il y a miracle, forcément, puisque chez Schumann tout semble jaillir d’une forme d’improvisation. Allegros ou adagios : dans cette version de référence, on est au cœur d’un miracle chambriste. De plus, cet album, dans lequel le Trio Wanderer s’adjoint les services de Christophe Gaugué à l’alto et Catherine Montier en 2e violon, est enrichi par les autres œuvres (quatuor et quintette) avec piano.

 

 

Robert Schumann

★★★★★

Trio Wanderer, Harmonia Mundi, 3 cd, HMM 902344.46