L'Opéra de Québec et l'OSQ clôturent leur saison

La captation visuelle et sonore du «Barbier de Séville» a été une réussite pour l’Opéra de Québec, qui devait composer avec des chanteurs à l’avant-scène et un orchestre tout au fond.
Photo: Louise Leblanc La captation visuelle et sonore du «Barbier de Séville» a été une réussite pour l’Opéra de Québec, qui devait composer avec des chanteurs à l’avant-scène et un orchestre tout au fond.

L’Orchestre symphonique de Québec (OSQ) réunissait Jean-François Rivest et Marc-André Hamelin, tandis que l’Opéra de la capitale nationale présentait son troisième projet de l’année pandémique, Le barbier de Séville. Le tout est accessible gratuitement sur YouTube avec un encouragement aux dons.

L’OSM a mis un point final à sa saison en salle vendredi et samedi sous la direction inspirée d’Otto Tausk, comme nous en avons rendu compte sur nos plateformes numériques samedi, un concert accessible, sous forme payante, en webdiffusion du 8 au 22 juin. L’OSQ précédait en salle devant public l’orchestre montréalais de deux jours avec un programme « Hamelin joue Mozart », le pianiste québécois ayant choisi le 23e Concerto, au douloureux volet central.

Marc-André Hamelin a de ce mouvement une approche retenue et réservée, avant tout expressive, à une époque où l’on tend à insister davantage sur le rythme berçant de sicilienne.

Comme toujours dans les webdiffusions pandémiques, les distanciations ne favorisent pas les dialogues piano-bois, au cœur du langage mozartien. Mais le travail de Jean-François Rivest (masqué) est plus qu’excellent, d’autant qu’il prend le pari d’opérer une vraie cure minceur sur l’effectif des cordes, ce qui donne à l’ensemble une texture très transparente et chambriste.

Le programme du dernier concert de l’OSQ comprend par ailleurs l’Ouverture pour une fête académique, de Brahms, dédiée par le chef à la résilience pandémique des étudiants, et les deux suites du Tricorne, de Manuel de Falla.

L’OSQ, qui n’est pas toujours extrêmement affûté en régime pandémique, reste fidèle à cette modeste image et apparaît assez poussif dans Brahms. Mais Jean-François Rivest emporte l’adhésion par son enthousiasme dans Mozart et Manuel de Falla. Il sera fort intéressant, la saison prochaine, de faire le point « en vrai » sur l’état artistique réel de cet orchestre qui n’a pas vu son directeur musical en un an et demi.

Habile mise en espace

L’autre projet vaut assurément au minimum un coup d’œil, et même un don, surtout quand on pense à ce que d’autres institutions lyriques n’ont pas fait avec des moyens nettement supérieurs. Les trois programmes webdiffusés de l’Opéra de Québec sont la large et majeure partie de la musique lyrique vivante proposée ici en cette année pandémique.

Ce triptyque comporte deux galas et Le barbier de Séville en version concert. « Tout juste une version mise en espace », avait dit en entrevue au Devoir, samedi, Jean-François Lapointe, modeste. Mais c’est soigné, élégant (les costumes), efficace (la narration et les sous-titres) et intelligemment réfléchi. Synthèse de ces qualités : les damiers sur le sol, à la fois décor et repères de distanciation pour les chanteurs.

La salle vide du Grand Théâtre est utilisée pour les chœurs ou pour créer les rapports de hauteur dans la première scène entre le comte et Rosine.

Autre réussite : la captation visuelle et sonore. Cette dernière présente un évident défi du point de vue de la cohésion entre les chanteurs, à l’avant-scène, et l’orchestre, efficacement dirigé par Jean-Michel Malouf, au fond.

Vocalement, le plateau est dominé par Andrew Haji, excellent comte Almaviva et le très efficace Bartolo de Doug MacNaughton. Pour le reste, il faudrait pouvoir juger en salle les harmoniques et la projection de Hugo Laporte, et la part de naturel et de composition dans la voix de Sarah Bissonnette une charmante Rosina très « mezzo-soprano ». Tout cela a le mérite de stimuler et d’employer nos chanteurs autour d’un projet bien réalisé, et suscite le plus grand respect.

Pour les amateurs de concerts en salle, il reste désormais, à Montréal et aux alentours, Grafik avec Stéphane Tétreault le 1er juin, un récital Charles Richard-Hamelin le 3 juin à la salle Bourgie et le Festival Classica jusqu’au 22 juin à Saint-Lambert.

 

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