Polémil Bazar, de l'énergie à revendre

Malgré un départ discret et une foule qui a mis un certain temps à embarquer, Polémil Bazar a fait vibrer d'énergie la grande scène de la rue Sainte-Catherine, hier, avec des rythmes endiablés et des sonorités gitanes. Le groupe a évolué, il s'est stabilisé, a acquis beaucoup de maturité. Ça se voit, ça se sent, et surtout, ça s'entend. À six personnes sur la scène, sept avec leur invitée trompettiste, Polémil Bazar déplace de l'air, se donnant en spectacle autant qu'en musique.

Rapidement s'imposent les chansons dans lesquelles le groupe est le plus à l'aise, le plus coordonné, comme Milliers, La chansonnette à 2 balles ou Mange ton âme, qui a littéralement soulevé la foule. Malgré le talent des musiciens multi-instruments qui composent le groupe, c'est davantage par les textes engagés que Polémil Bazar se distingue. Après avoir chanté Kyoto, qui parle évidemment d'environnement, le chanteur Hugo Fleury s'est exclamé: «M. Cayer, M. Charest, nous ne voulons pas de la centrale du Suroît. Vive les éoliennes». Et la foule a réagi vivement, ce qui en dit long sur le public du groupe.

Il y a aussi eu quelques nouvelles chansons, que les amateurs peuvent espérer entendre sur un prochain album, «si elles tiennent la route», soulignait en entrevue Josiane Laberge (violon et mandoline). «Les chansons, pour qu'elles passent bien, il faut commencer à les jouer, les faire évoluer, ensuite ça parait sur le disque, quand la pièce a une maturité en concert», explique le saxophoniste du groupe, Martin Desjardins.

À sa cinquième année d'existence, Polémil Bazar semble en possession de ses moyens. Les musiciens semblent s'être apprivoisés et savent maintenant comment jouer ensemble en parfaite cohésion. «On a travaillé avec un metteur en scène pour améliorer nos spectacles, confie le contrebassiste de la formation, Thierry Gateau. Sans se mêler aux compositions, il a fait que la musique s'est améliorée, par l'attitude qu'on peut prendre, être plus conscient du moment présent, plus allumé, complètement dans la musique, entièrement corps et âme dans ce qu'on fait.» Un travail qui a vraisemblablement porté fruit. Les musiciens s'amusent, et le public en redemande.

2004 aura été l'année de la consécration pour Polémil Bazar. Une tournée en France, deux prix au gala des MiMi (meilleur album et étoile montante pour 2004), des spectacles qui affichent complet, une prestation pour la Saint-Jean-Baptiste sur les plaines d'Abraham, un spectacle au Festival d'été de Québec, et enfin la grande scène des FrancoFolies. Mais 2005 s'annonce peut-être encore plus prometteuse pour le groupe. «On est en train de travailler sur le troisième album, souligne au passage Thierry Gateau. On espère le sortir au printemps, dans le meilleur des cas, si tout va bien.»