Soleil noir, Airs de et pour Francesco Rasi, Emiliano Gonzalez Toro

Emiliano Gonzalez Toro est ce ténor qui nous avait impressionnés dans le cadre d’une version personnelle et enflammée de L’Orfeo de Monteverdi, qu’il chantait et dirigeait. Il s’est entouré ici d’une gambiste, Louise Pierrard, de la harpiste Flora Papadopoulos et du déjà célèbre théorbiste Thomas Dunford pour un programme d’airs inspiré par un chanteur-poète et compositeur du tournant du XVIIe siècle, Francesco Rasi. Ce dernier fut le créateur du rôle d’Orfeo, mais aussi protagoniste de L’Euridice de Peri (1600), le premier opéra ayant survécu. Rasi avait aussi une face sombre. Protégé par le duc de Mantoue, il parvint à échapper à l’exécution capitale à laquelle il avait été condamné pour le meurtre de sa belle-mère en 1610. Le titre « Soleil noir » est donc parfaitement choisi. Les œuvres de l’époque se fondaient-elles sur son style et son art vocal ? L’esprit orphique plane en effet, quel que soit le compositeur (« Dalle porta d’oriente » de Caccini !)ce qui rend fascinante cette suite de miniatures de l’époque, parfait complément à L’Orfeo précité.



 

Soleil noir

★★★★ 1/2
​Classique

Airs de et pour Francesco Rasi, Emiliano Gonzalez Toro (ténor), Naïve V 5473