L'Orchestre Métropolitain, au-delà des attentes

Le cor solo de l’Orchestre Métropolitain, Louis-Philippe Marsolais, a été placé à l’avant-scène lors de l’interprétation du «1er Concerto» de Mozart.
Photo: François Goupil Le cor solo de l’Orchestre Métropolitain, Louis-Philippe Marsolais, a été placé à l’avant-scène lors de l’interprétation du «1er Concerto» de Mozart.

Le concert de l’Orchestre Métropolitain samedi, dirigé par Nicolas Ellis, se présentait un peu comme un concert de transition entre deux prestations de Yannick Nézet-Séguin. Il fut bien plus que ça, offrant un spectacle orchestral exaltant dans un programme original et convaincant.

Un tapis rouge virtuel avait été déroulé aux cornistes de l’orchestre, qui prenaient toute la lumière en début de concert. Le cor solo de l’OM, Louis-Philippe Marsolais, l’une des vedettes de l’orchestre mais aussi probablement le meilleur corniste en activité au pays, était d’emblée à l’avant-scène pour le 1er Concerto de Mozart. L’acoustique de la salle remplie par 250 personnes favorise l’expérience, car la sonorité du soliste se déploie dans un espace acoustique encore plus généreux.

Par contre, l’orchestre « Mozart » occupe les places déjà prévues pour un OM aux prises avec des partitions plus conséquentes. Dans cette configuration dispersée, on n’entend pas grand-chose des bois dans la balance.

Le plaisir de la création

Le clou de cette partie est évidemment la création subséquente du Concerto pour cor de Simon Bourget, le collègue de Marsolais. Le travail du compositeur autodidacte (voir le DMag de samedi) est impressionnant et spectaculaire. Bourget compose effectivement comme il ressent les choses. Ce faisant, il peut s’écarter des canons et introduit dans sa création musicale une vraie dimension de plaisir, comme dans des épisodes de joyeux tintamarre (ordonné) de la deuxième partie.

Il n’y a dans ce concerto aucune condescendance, mais un souci de valoriser le soliste, de divertir le public, de jouer avec l’orchestre (le passage du sombre à l’éclaircissement du début, les déchaînements du 2e mouvement). Le public ne s’y est pas trompé, qui a fait une fête au compositeur et à son soliste.

Ce qui marche moins à notre sens, c’est l’alliance violon solo et cor dans le 1er mouvement (à deux ou trois reprises, en plus) et la logique des transitions d’une idée à l’autre parfois abrupte. Mais nous aurons grand plaisir à suivre la suite de la démarche créatrice de Simon Bourget.

Par la suite, Nicolas Ellis, que l’on peut par ailleurs voir en excellent pianiste dans le Quintette de Dvorak dans une « webdiffusion bénéfice » de son Orchestre de l’Agora, dirigeait And So Be Changed to Lightning in the End, de Kelly Marie Murphy, et Don Juan, de Strauss, avec une poigne et une tenue impressionnantes. On admirera par exemple son respect de la résonance de la salle dans Don Juan. Quant à la partition de Murphy, quel tour de force orchestral, qui pourrait en faire une carte de visite canadienne appréciable lors d’une prochaine tournée ! Cette œuvre contemporaine de haute tenue était rassurante à entendre à une époque où une soudaine et frénétique course aux symboles dans les programmations tend à faire tourner quelques coins ronds en ce qui a trait à la substance et à la qualité.

 

Mozart, Bourget, Marsolais : cor et âme

Mozart : Concerto pour cor n° 1. Bourget : Concerto pour cor (création). Murphy : And So Be Changed to Lightning in the End. Strauss : Don Juan. Louis-Philippe Marsolais (cor), Orchestre Métropolitain, Nicolas Ellis. Maison symphonique, samedi 22 mai. Webdiffusion du 11 au 20 juin. En ce moment : webdiffusion du concert Sérénade pour vents de Dvorak et 4e Symphonie de Brahms.

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