Sergeï Prokofiev, Nicholas Angelich

Parmi les sacrifices de la pandémie, il y a la fin du cycle des concertos de Rachmaninov avec Angelich/Nézet-Séguin qui devait s’achever au printemps 2020. Ce disque Prokofiev vient nous rappeler la dimension prise par le pianiste américain adopté par la France. Il y a tant de disques Prokofiev, des nouveautés récentes éminentes, tel Steven Osborne (Sonates nos 6, 7 et 8, Hyperion), qu’on freine pour en mettre en avant une autre. Mais les amateurs de ce répertoire ne peuvent pas faire l’impasse sur ce disque, cette vision hors du temps, ces atmosphères où l’oxygène semble s’appauvrir. Tout flotte dans une incertitude (1er volet), parce que Nicholas Angelich réussit le miracle rare de nous faire oublier que le son du piano naît de la percussion d’une corde. Si vous voulez avoir des exemples de ce qu’est un « toucher pianistique » et comment il sert à créer des atmosphères, ce CD peut servir de mètre étalon. Malgré une discographie extrêmement riche, nous n’avons jamais entendu la 8e Sonate pareille. Le reste du disque bénéficie du même état de grâce.

Sergeï Prokofiev

★★★★ 1/2
​Classique

Nicholas Angelich, Erato 0190295267681

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