Retour réussi pour les Cowboys à l’OSM

La webdiffusion de 2021 est un complément rêvé de la première expérience, puisque nous pouvons enfin entendre pleinement la symphonisation des chansons réalisées par Simon Leclerc.
Photo: Antoine Saito La webdiffusion de 2021 est un complément rêvé de la première expérience, puisque nous pouvons enfin entendre pleinement la symphonisation des chansons réalisées par Simon Leclerc.

Après avoir offert en 2018 la plus mémorable soirée de la série « OSM pop », Les Cowboys Fringants sont de retour aux côtés de l’Orchestre symphonique de Montréal pour un concert virtuel empli d’une magie renouvelée, malgré la captation réalisée cette fois sans public.

Les concerts de la saison 2018-2019 (il y en eut six, finalement) prenaient des allures de partys débridés dans une communion intense et bruyante avec la salle.

Le retour webdiffusé de cette année n’est peut-être pas « grand », mais ces Cowboys à nu devant une salle vide nous donnent d’autres émotions et une ivresse différente.

Tout le monde ne vient pas forcément au concert pour entendre son voisin chanter à tue-tête les tunes qu’il a mémorisées en passant en boucle les CD de son groupe préféré. C’était le petit côté folklorisant et le bémol des concerts de 2018 : on participait à une fête collective. Mais on n’écoutait guère un concert.

La symphonisation des chansons

De ce point de vue, la webdiffusion de 2021 est un complément rêvé de la première expérience, puisque nous pouvons enfin entendre pleinement la symphonisation des chansons réalisées par Simon Leclerc, quitte à découvrir des audaces harmoniques étranges à la fin de Pub royal, alors qu’à l’avant-scène les Cowboys se battent (Joyeux calvaire !) comme s’ils soulevaient des montagnes pour 2000 personnes en face d’eux.

Dans les faits, voici un enregistrement vidéo (au quasi-sens d’opus « discographique » dématérialisé avec des images) qui bénéficie d’un mixage sonore équilibré avec justesse, d’une excellente réalisation, de cadrages et d’éclairages ingénieux et soignés, et, surtout, d’une mise en forme sans faux-semblants qui fait s’enchaîner les chansons sans temps morts ni bla-bla.

Seule la fin est, hélas, convenue : Étoiles filantes méritait de s’évanouir dans l’éther et de s’enchaîner au générique ou à quelque idée visuelle sans les conventions des saluts.

Quant au contenu, il est très proche du concert de 2018. Le baryton Dominique Côté revient pour Une autre journée et Karina Gauvin se joint de manière peu intelligible à la troupe pour Marine marchande, où cela vaudrait peut-être le coup d’essayer Lyne Fortin une prochaine fois.

Les maisons toutes pareilles, Sur mon épaule, D’une tristesse et L’Amérique pleure font leur entrée au répertoire des chansons orchestrées. C’est aussi ça de gagné.


À voir en vidéo

Le grand retour des Cowboys Fringants à l’OSM

Les Cowboys Fringants (Karl Tremblay, Jean-François Pauzé, Marie-Annick Lépine, Jérôme Dupras). Avec la participation de Karina Gauvin (soprano) et Dominique Côté (baryton). Adaptations et direction : Simon Leclerc. Capté à la Maison symphonique le 10 décembre 2020. Webdiffusion du 11 au 25 mai.