Dernier hommage à Paris de proches et d'anonymes à Serge Reggiani

Paris — Un dernier hommage a été rendu hier après-midi à Serge Reggiani, décédé la semaine dernière d'une pleurésie à l'âge de 82 ans.

Si le voeu de la famille était de procéder à une inhumation dans la plus stricte intimité, il aura été vain: dès 13h, de nombreux badauds et anonymes avaient déjà investi le cimetière parisien de Montparnasse, à Paris.

Une vie à l'image de l'Europe du XXe siècle

Une première cérémonie réunissant la famille et les proches avait été organisée dans un lieu tenu secret, présidée par Michel Piccoli. À 15h15, le cercueil et l'entourage de l'artiste disparu gagnaient le cimetière pour un bref hommage, la famille ayant finalement accepté que le public puisse également saluer l'artiste une dernière fois.

Un cercueil de chêne clair, sobrement posé sur un dais bleu outre-mer et sur lequel trônait un bouquet de tournesol: c'est dans la sobriété, celle qu'appréciait Serge Reggiani, que le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a pris la parole pour une courte allocution.

«La France et l'Italie sont en deuil», a-t-il déclaré, soulignant l'homme d'engagement et de conviction qu'était le défunt. «Sa vie incarne l'histoire et les cicatrices de l'Europe du XXe siècle.»

Soulignant que l'histoire de Reggiani est celle d'un homme qui a dit non à la barbarie, le ministre a encore dit: «Qu'elle vous soit légère, Serge Reggiani, cette terre de France et d'Europe qui va vous recouvrir», puis a conclu son discours en relisant les paroles de la chanson Les loups sont entrés dans Paris, dont l'auteur Jean-Claude Bessière était assis au premier rang.

Le maître de cérémonie a ensuite demandé qu'une minute de silence soit faite avant que les proches ne défilent un par un, dont certains avaient une fleur à la main, devant le cercueil mis en terre.

Serge Reggiani, artiste complet dont les multiples talents ne demandaient, tel le diamant, qu'à être mis au jour, repose désormais dans le caveau familial, avenue de l'ouest, 9e division, première section.