Convocations, Sufjan Stevens

Pour une seconde fois, l’auteur-compositeur-interprète américain Sufjan Stevens explore le deuil en musique. Il y eut l’immaculé Carrie Lowell (2015), retour au folk dédié à la mémoire de sa mère, et aujourd’hui l’imposant Convocations présenté comme une réflexion « sur une année d’anxiété, d’incertitude, d’isolement et de perte » suivant le décès de son père en septembre dernier. Stevens exprime ce deuil en cinq volumes d’explorations ambient instrumentales. Citant l’influence de Wolfgang Voight (Gas), de Morton Subotnik et de Brian Eno, Sufjan échafaude une œuvre de 2 heures 30 comme un espace propice à la réflexion, parfois ingénieux sur les plans mélodique et rythmique, mais généralement linéaire et simplement harmonieux, les textures, les couleurs et les timbres de ses synthétiseurs modulaires devenant le principal champ d’études de l’album. Ce onzième disque en carrière souligne surtout le caractère thérapeutique de la musique douce et instrumentale, qui a assurément comblé un vide chez le compositeur. Écoutez l'album

  
 

Convocations

★★★
​Expérimental

Sufjan Stevens, Asthmatic Kitty

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