Franz Liszt, Sonate en si mineur, Benjamin Grosvenor (piano)

En ajoutant à la Sonate et aux 3 Sonnets l’Ave Maria, la Berceuse et Réminiscences de Norma, Benjamin Grosvenor nous offre un CD de 84 minutes. À 28 ans, cet Anglais vient de prolonger son contrat avec Decca après un remarquable enregistrement des concertos de Chopin, perdu ici dans les méandres des débuts de la pandémie. Ce récital Liszt vient à point pour nous rappeler que le jeune homme est, avec Pavel Kolesnikov, Beatrice Rana, Lukas Geniušas et Charles Richard-Hamelin, un talent des plus prometteurs. Sa qualité première est son toucher et le contrôle du son. On pourra évoquer la gestion de la résonance au début de la Sonate ou aller simplement à la Berceuse pour l’écouter installer un climat comme si la lumière émergeait d’une nappe de brouillard. On se prend alors à rêver d’un disque Janacek sous ces doigts-là. La présence nourrie de la main gauche, l’absence de verticalité tapageuse (Grosvenor ne « frappe » pas) donne beaucoup de sève à sa Sonate. Mais la liberté de respiration des Sonnets est l’absolu bijou du CD de ce surdoué.

 

Franz Liszt

★★★★ 1/2

Sonate en si mineur, Benjamin Grosvenor (piano), Decca 485 1450.