Calamine, Étienne Coppée et Ambre ciel en finale des Francouvertes

Calamine a encore épaté la galerie avec sa plume pertinente, son verbe allègre et son aisance sur scène.
Photo: Frédérique Ménard-Aubin Calamine a encore épaté la galerie avec sa plume pertinente, son verbe allègre et son aisance sur scène.

Pour leur 25e édition, les Francouvertes ont fait la promesse d’être le « concours-vitrine de toutes les musiques ». Promesse tenue : nous aurons droit au grand écart stylistique lors de la finale du 17 mai, du cool et ingénieux rap de Calamine, qui s’est emparé de la pole position des demi-finales, à la chanson au patchouli d’Étienne Coppée, en passant par celle, baignant dans des orchestrations « classique moderne » très tendance, d’Ambre ciel. Retour sur une robuste ronde de demi-finale remplie de surprises et de quelques déceptions.

Calamine, Étienne Coppée, Ambre ciel, voilà dans l’ordre le podium de ces satisfaisantes demi-finales débattues par neuf formations. Parmi les trois, c’est Ambre ciel qui cause la surprise : l’élégant ensemble (violons, harpe, percussions, synthétiseurs) mené par l’autrice-compositrice-interprète Jessica Hébert était arrivé cinquième de la ronde préliminaire. Son bond de deux places se justifie par l’admirable exécution de l’orchestre, fin et précis, et par la présence vocale plus nette et incarnée d’Hébert lors de sa prestation lundi soir dernier.

Photo: Frédérique Ménard-Aubin Dans le top 3, c’est Ambre ciel qui cause la surprise.

Et sans doute aussi parce que sa chanson, presque trop simple dans sa composition mais rehaussée par de brillantes orchestrations, a cette faculté de nous faire oublier les tracas du quotidien confiné. Ambre ciel a joué peu avant Calamine, qui a vraisemblablement fait l’unanimité derrière elle, résistant du haut de sa première position acquise en début de ronde à l’assaut des concurrents des deux soirées suivantes. La MC d’Hochelaga a encore épaté la galerie avec sa plume pertinente, son verbe allègre et son aisance sur scène — elle sera, n’en doutez point, une redoutable adversaire en finale. Arrivé en tête du palmarès préliminaire, Étienne Coppée a glissé en deuxième position après une performance moins magnétique que celle qu’il avait offerte lors des préliminaires.

Photo: Frédérique Ménard-Aubin Étienne Coppée a glissé en deuxième position, après une performance moins magnétique que celle qu’il avait offerte lors des préliminaires.

C’est la fatalité des concours, il n’y aura qu’une gagnante (ou un gagnant) parmi les derniers participants, ce qui ne doit pas faire oublier le mérite des autres. Entendues mardi soir, Douance (Alexandrine Rodrigue) et ses musiciennes ont offert une performance supérieure à celle des préliminaires. Elle fut probablement une des musiciennes les plus pénalisées par les conditions particulières d’un concert forcé d’être donné dans une salle quasi vide : on devine que sa chanson réhabilitant le rock alternatif des années 1990 s’apprécie mieux à plein volume, les amplis chauffés à blanc, quand la charge des guitares s’accorde à ses textes empreints de désespoir.

Photo: Frédérique Ménard-Aubin Mardi, Douance et ses musiciennes ont offert une performance supérieure à celle des demi-finales.

Pour sa part, la pop électronique, dansante et insouciante de Super Plage (le projet du compositeur Jules Henry) fera mouche sur un plancher de danse ou un concert sur une scène extérieure. Il a un flair pour la mélodie sucrée, pour le refrain léger et surtout la house de bon goût, pétillante et panachée. Coup de cœur également pour tremble et sa chanson folk de feu de camp, malgré la performance un tantinet trop fragile qu’elle a offerte mardi dernier. Les groupes pop-rock Vendôme et oui merci et le rappeur J.A.M. (embêté mercredi soir par ce qui a semblé être un problème technique) ont par contre déçu en comparaison avec leurs performances respectives pendant les préliminaires.

Photo: Frédérique Ménard-Aubin La pop électronique, dansante et insouciante, de Super Plage fera mouche sur un plancher de danse ou un concert sur une scène extérieure.

En raison de l’incertitude qui plane toujours quant aux restrictions imposées par la crise sanitaire, l’organisation des Francouvertes a pris la décision de tenir la finale du 17 mai au Lion d’Or plutôt qu’au Club Soda, toujours sans public, mais en présence du jury de membres de l’industrie. La soirée sera animée par Isabelle Ouimet et Louis-Philippe Labrèche, en présence du porte parole de cette 25e édition, Simon Boulerice.

Saluons enfin l’initiative des organisateurs du concours qui, en collaboration avec Musique Nomade et avec le soutien de la SOCAN et de Musicaction, ont offert à des musiciens autochtones d’ouvrir chacune des soirées par une brève prestation en lieu et place du tour de piste des anciens concurrents. Le public a ainsi pu découvrir ou se familiariser avec les univers d’Anachnid, Samian, Kanen ou encore Laura Niquay. En vedette mercredi soir, l’auteur-compositeur-interprète folk-pop Scott-Pien Picard a offert un beau moment empreint de solidarité, alors que ses collègues Matiu et Dan-Georges McKenzie, originaires comme lui de la communauté Uashat mak Mani-Utenam, sur la Côte-Nord — on les imagine avoir fait ensemble le road-trip jusqu’à Montréal ! —, l’ont rejoint sur scène pour chanter avec lui.

 
 

Une version précédente de cet article, qui omettait de souligner que Louis-Philippe Labrèche sera l’un des animateurs de la finale du 17 mai, a été modifiée.