Olivier Mantei, de l’Opéra Comique à la Philharmonie de Paris

Olivier Mantei, bientôt à la tête de la Philharmonie de Paris
Photo: Bertrand Guay Agence France-Presse Olivier Mantei, bientôt à la tête de la Philharmonie de Paris

Olivier Mantei, bientôt à la tête de la Philharmonie de Paris, est une personnalité discrète mais influente de la scène lyrique et de la musique classique en France, avec une solide expérience de direction, des Bouffes du Nord à l’Opéra Comique.

Il va succéder à Laurent Bayle, le « père » de la prestigieuse salle de concerts inaugurée en 2015 et devenue depuis une référence dans le monde en termes d’acoustique, de programmation et de projets éducatifs.

Nommé par le président Emmanuel Macron, Olivier Mantei prendra ses fonctions le 1er novembre 2021.

Né en février 1965, il a suivi des études supérieures de lettres et de musicologie. Il naviguera tout au long de sa carrière entre privé et public, nouant des liens forts aussi bien avec les artistes — comme les compositeurs contemporains, comme Philippe Manoury ou Alexandre Desplat — qu’avec les autorités de tutelle.

Administrateur en 1993 du Chœur Accentus de la cheffe d’orchestre Laurence Equilbey, il fonde cinq ans plus tard une agence de production. Il rejoint en 2000 l’administration du Théâtre des Bouffes du Nord, lieu emblématique ressuscité par le légendaire Peter Brook dans les années 70, et en devient actionnaire en 2010 avec Olivier Poubelle.

En 2015, année du 300e anniversaire de l’Opéra Comique, il est nommé directeur de l’établissement, une des principales scènes lyriques parisienne et lieu de naissance d’opéras mythiques comme Carmen.

Pendant son mandat, il augmente les ressources propres de plus de 60 % et les dates de tournées des productions en France et à l’étranger.

Olivier Mantei avait pour mission de mettre à l’honneur un énorme répertoire tombé dans l’oubli et un genre en soi, « l’opéra comique » (art mêlant morceaux chantés au théâtre parlé). Il a remis au goût du jour des œuvres françaises rares ou jugées démodées et a commandé des créations à succès, comme l’opéra contemporain « L’Inondation » , mis en scène par Joël Pommerat.

S’il fait appel à des metteurs en scène qui se sont déjà frottés à l’opéra comme Michel Fau ( « Le Postillon de Lonjumeau » ) ou le scénographe Aurélien Bory ( « Orphée et Eurydice » ), il prend également des risques avec des artistes nouveaux venus dans l’opéra, comme le metteur en scène de théâtre Cyril Teste pour « Hamlet » , un opéra d’un compositeur tombé dans l’oubli, Ambroise Thomas.

Transmission et partenariat

À son arrivée en 2015, il supervise les travaux pour la rénovation de l’Opéra Comique qui ferme pendant deux ans, et augmente les coproductions (avec d’autres théâtres) et les créations.

Il a instauré une politique tarifaire pour les moins de 35 ans qui va inspirer une mesure similaire à l’Opéra de Paris en faveur des moins de 40 ans.

Soucieux de favoriser la transmission, Olivier Mantei crée également une « Maîtrise Populaire » , un projet artistique et social soutenu par les autorités de tutelle et qui offrent à des jeunes de 8 à 25 ans, non musiciens au départ, une formation complète en chant choral et soliste, théâtre, danse moderne et claquettes.

En 2018, il signe un partenariat pour trois ans entre l’Opéra Comique et le Beijing Music Festival.

Il a fait partie en 2019 des candidats malheureux au poste de directeur de l’Opéra de Paris, le « grand frère » de l’Opéra Comique dans la capitale. Emmanuel Macron a choisi au final l’Allemand Alexander Neef.

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