La Maison de la chanson s’esquisse

L’étude de faisabilité de la Maison de la chanson et de la musique, qui comprendra un aspect architectural, n’envisage pas la possibilité d’une occupation de la bibliothèque Saint-Sulpice.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir L’étude de faisabilité de la Maison de la chanson et de la musique, qui comprendra un aspect architectural, n’envisage pas la possibilité d’une occupation de la bibliothèque Saint-Sulpice.

La Maison de la chanson et de la musique, ce musée contemporain qui serait aussi un lieu de création active, commence à s’esquisser. Le projet porté par la femme de radio Monique Giroux et par le parolier Luc Plamondon entame la semaine prochaine la deuxième phase de son étude de faisabilité.

Alors que Monique Giroux imaginait il y a quelques semaines ce projet dans l’ancienne bibliothèque patrimoniale Saint-Sulpice (1914), l’étude de faisabilité, qui comprendra un aspect architectural, n’envisage pas la possibilité d’une occupation du monument historique. « On n’a pas eu de confirmation ni d’infirmation du ministère de la Culture à propos de Saint-Sulpice, a indiqué le président du conseil d’administration, Michel Robitaille. On se doit d’envisager d’autres lieux. »

C’est une aide financière du ministère de la Culture (MCC), qui octroie 99 000 $ sur les 132 000 $ requis, qui permet d’entamer cette étude. Elle sera réalisée par Raymond Chabot Grant Thornton et devrait être terminée à l’automne. Par ailleurs, 165 artistes de la chanson et de la musique, de tous genres et de toutes générations, ont signé une lettre d’appui au projet. Cœur de pirate, Plume Latraverse, Pierre Kwenders, Marie-Nicole Lemieux, Qualité Motel et Eli Rose sont du lot.

Que reste-t-il sur la table pour la réaffectation du bâtiment Saint-Sulpice ? Au Festival du nouveau cinéma, qui porte le projet d’un café de la Louve et souhaite ainsi faire du Quartier latin de Montréal un Quartier des cinémas, on signale avoir eu une écoute attentive du MCC. « Le projet avance lentement de notre côté », a indiqué le directeur général Nicolas Girard Deltruc. « Le MCC nous a dit avoir besoin de temps pour l’analyser. On n’en sait pas plus pour l’instant. »

L’idée d’une Maison de la littérature, portée au cabinet de la ministre Nathalie Roy entre autres par Marie-Andrée Beaudet de la Fondation Nelligan et par l’historien Laurier Lacroix, n’a pas bougé ces dernières semaines, ont confirmé ces deux instigateurs. M. Lacroix a rappelé dans la foulée que « les contraintes [patrimoniales] de cet important édifice classé (y compris la disposition de ses salles, ses magasins, son mobilier et son décor) » rendent très rares les projets parfaitement adaptés pour réhabiliter Saint-Sulpice.

Lundi, dans une lettre ouverte publiée en nos pages, une trentaine de spécialistes des bibliothèques, de littérature, de design et d’anthropologie appelaient le MCC à réévaluer le projet de Fab Lab et de bibliothèque pour adolescents qui devait prendre place, sous la tutelle de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), entre les murs du joyau patrimonial. Ce projet avait été abandonné en novembre dernier. Trop vite, selon ces signataires, qui n’avaient reçu mercredi aucune réaction gouvernementale à leur appel.

« Bien que l’identification d’un projet pour Saint-Sulpice demeure une priorité pour la ministre Roy, aucune décision n’a encore été prise et différentes propositions demeurent à l’étude », a mentionné hier son cabinet en réponse aux questions du Devoir. « Des sommes de 1,4 million de dollars ont été récemment accordées à BAnQ pour des travaux d’urgence à la bibliothèque Saint-Sulpice ainsi qu’une autre somme de 1 million pour son entretien et son fonctionnement. Au cours des derniers mois, nous avons rencontré différents organismes et intervenants qui souhaitaient porter à notre attention différentes propositions pour la requalification de la bibliothèque Saint-Sulpice. »