Jean-Sébastien Bach, Piotr Anderszewski (piano)

Même en n’étant pas vraiment fan de Piotr Anderszewski, il faut avouer qu’il se passe quelque chose ici. Le livre II du Clavier bien tempéré de Bach est utilisé pour fournir, par la sélection de douze des 24 Préludes et Fugues et un nouvel agencement (1, 12, 17, 8, 11, 22, 7, 16, 9, 18, 23, 24 : Bingo !), un parcours émotionnel spécifique. Le type de périple musical avait été proposé par Pavel Kolesnikov (Hyperion) à travers les Mazurkas de Chopin. La critique devient plus subjective, puisque relative à la proposition elle-même : ça marche ou pas ? Il ne s’agit donc pas de comparer le Prélude VII avec Tartempion ou la Fugue XI avec Trucmuche, mais de voir comment la vision d’Anderszewski d’un « cycle émotionnel » et son interprétation des Préludes et Fugues dans le cadre d’une telle narration peuvent se conjuguer. « Ce qui est extraordinaire chez Bach, c’est la puissance du lyrisme de ses œuvres », disait le pianiste à France musique. Si cette route vous donne envie, il la parcourt avec une imagination et une intégrité impressionnantes.

 

 

Jean-Sébastien Bach

★★★★ 1/2
​Classique

Piotr Anderszewski (piano), Warner 0190295118754