Come Around, Rob Lutes

Naître à Toronto, grandir dans un coin perdu du Nouveau-Brunswick, aboutir à Montréal : ce n’est pas la route la plus naturellement balisée pour un chanteur-guitariste folk-blues anglophone. Rob Lutes semble avoir trouvé ici la véranda qu’il cherchait, là où déposer ses pénates du baroudeur. La musique de ce neuvième album, jouée en se balançant sur les deux pattes d’en arrière, respire la paix de l’âme. À la manière d’un J.J. Cale, les vérités de la vie sont déclinées sans que ça fasse mal, et même la mort n’est pas un drame dans sa version du vieux blues In my Time of Dyin’. « I don’t want nobody to moan », insiste Lutes : on ne s’énerve pas. Enregistré dans six studios pour échapper à la pandémie, ce n’est pas pour autant l’album d’un homme qui fuit, mais bien l’usufruit d’un travail patient de gaillard débrouillard. Le Wurlitzer de Bob Stagg suit, les chœurs de Kim Richardson et d’Annabelle Chvostek aussi, les guitares se laissent gratter le ventre et ronronnent. Pas de souci.

Écoutez Knives

Come Around

★★★ 1/2
​Folk-blues

Rob Lutes, Lucky Bear Records