Bayreuth 2004 - Accueil houleux pour Parsifal

Bayreuth — Le 93e Festival de Bayreuth s'est ouvert, hier soir, avec une nouvelle production du Parsifal de Wagner, dont le metteur en scène, l'Allemand Christoph Schlingensief, a été hué par la majorité du public, mais sans que cet accueil prenne les dimensions d'un scandale, comme l'avait laissé entendre la presse germanique.

Christoph Schlingensief est réputé en Allemagne pour ses mises en scène provocatrices. Avec ce Parsifal, il bouscule les habitudes, convoque les ministres de toutes les religions pour célébrer le Graal, mais avec une surabondance d'images, nuisible à la longue à la cohérence de son propos.

Il avait hier, dans les rangs du public, de fervents partisans mais tout de même minoritaires face à des festivaliers franchement hostiles au spectacle.

Avec son équipe, il a pu cependant se joindre au salut final général applaudi, à toute la distribution vocale et au chef d'orchestre, le Français Pierre Boulez, solidaire de cette production.

Pour son interprétation musicale de ce «spectacle scénique solennel initiatique» qu'est Parsifal, le maestro français, après 24 ans d'absence de Bayreuth, a été ovationné, de même que les chanteurs, à l'exception de l'interprète du rôle-titre, le ténor Endrik Wottrich, à la voix trop lourde pour ce personnage.