We are, Jon Batiste

À la façon de ses acolytes Christian Scott ou Robert Glasper (parmi tant d’autres), le chanteur et pianiste Jon Batiste pratique un jazz qui embrasse large. Pas mal tout ce qui marque la culture afro-américaine en 2021 s’entend ici, tant dans la forme (R&B, soul, rap, hip-hop, pop) que sur le fond — la pièce-titre est devenue une sorte d’hymne du mouvement Black Lives Matter, auquel Batiste est associé de près. Gros contenu, donc, mais qui s’articule dans un album débordant de lumière : c’est la manière du directeur musical de The Late Show, capable d’allier la profondeur à une sorte d’exubérance musicale — quelque chose entre Marvin Gaye et Stevie Wonder dans l’approche. Musicalement, Batiste multiplie les contrastes et les relances rythmiques, les harmonies sont partout soignées, les mélodies accrochent l’oreille. Il y a beaucoup de travail — et d’intelligence — en filigrane de cette succession de chansons brillantes. Mavis Staples, Quincy Jones, Zadie Smith, Trombone Shorty sont au nombre des invités de Batiste, qui vient de poser un jalon dans l’année musicale.

 

We Are

★★★★
Jazz-pop-R&B

Jon Batiste, Verve

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