Direction demi-finales aux Francouvertes

Le groupe Sylvie a servi lundi soir un beau rock psychédélique teinté de blues, assorti de saxophone, mais confondant sur le plan de la structure. La magnétique présence, au micro autant qu’à l’harmonica, de l’incandescent chanteur, guitariste et harmoniciste Anis Azzoug a servi d’ancre à ces chansons risquant de manquer le prochain arrêt de l’autobus magique.
Photo: Frédérique Ménard-Aubin Le groupe Sylvie a servi lundi soir un beau rock psychédélique teinté de blues, assorti de saxophone, mais confondant sur le plan de la structure. La magnétique présence, au micro autant qu’à l’harmonica, de l’incandescent chanteur, guitariste et harmoniciste Anis Azzoug a servi d’ancre à ces chansons risquant de manquer le prochain arrêt de l’autobus magique.

Nous voilà fixés au terme de la ronde préliminaire de la 25e édition des Francouvertes, après une septième et dernière soirée qui n’a pas fait bouger d’un poil le palmarès établi la semaine dernière puisque ni Malaimé Soleil, ni Sylvie, ni Les Monsieurs ne sont parvenus à s’assurer d’une des neuf participations aux demi-finales. Les trois groupes rock ont tout de même offert d’honorables performances, nous faisant virtuellement sortir de notre salon — et même du chic Lion d’Or — pour nous transporter dans une taverne rock bien crade, le genre de cure à la monotonie du confinement dont on a autant besoin que d’un vaccin ces temps-ci.

Malaimé Soleil, Sylvie, Les Monsieurs : jour 7

Ce dernier soir de préliminaires proposait au jury, public ou spécialisé, une affiche musicalement cohérente, faite de chanson rock tantôt plus psychédélique, toujours très poilue, exubérante et divertissante, à défaut d’être convaincante aux oreilles des juges.

Malaimé Soleil, projet musical mené par l’auteur-compositeur-interprète Francis Leclerc, n’en est encore qu’à ses débuts, prometteurs, mais pour l’heure peu assurés. Normal, ses premières chansons ne sont apparues qu’au printemps dernier, réunies sur le EP Tranquille, suivies de trois nouvelles lancées en février dernier. Les Francouvertes sont un tremplin pour certains, et l’occasion de gagner de l’expérience pour Malaimé Soleil.

 
Photo: Frédérique Ménard-Aubin La prestation de Malaimé Soleil fut joyeusement toute croche, une chanson rock brute jouée sans finesse jusque dans cette intense et inattendue finale psychédélique, sauf pour l’interprétation vocale du chanteur, dont la délicatesse parvenait à se frayer un chemin dans le brouhaha.

Leclerc a profité de sa tribune pour remercier le concours, qui donne une chance à « de beaux p’tits bands tout croches comme nous autres ». Ce fut joyeusement tout croche, une chanson rock brute jouée sans finesse jusque dans cette intense et inattendue finale psychédélique, sauf pour l’interprétation vocale du chanteur, dont la délicatesse parvenait à se frayer un chemin dans le brouhaha. Francis Leclerc, insistons, possède déjà une plume : quelque part sous ces guitares brouillonnes et cette attitude débonnaire, des refrains, des mots justes, un lyrisme éloquent. On lui reconnaît le souci d’écrire des chansons qui ont du sens et vont droit au cœur.

Strictement sur le plan de l’interprétation musicale, Sylvie (un groupe 100 % masculin, précisons) affichait une bien meilleure cohésion — car sur le plan du texte, c’était plutôt stupéfiant, au sens propre du terme. L’incandescent chanteur, guitariste et harmoniciste Anis Azzoug, superbe bête de scène, chantait par exemple à propos de « l’autobus magique », des « champignons bleus », des « autoroutes de mon cerveau [qui] ont plusieurs bretelles de sortie », vous voyez le genre.

Un beau rock psychédélique teinté de blues, assorti de saxophone, mais confondant sur le plan de la structure. Ça partait dans tous les sens, avec une énergie incontrôlable, le groupe paraissant guidé par le son de Led Zeppelin mi-carrière, Azzoug y ajoutant une touche de soul. Sa magnétique présence, au micro autant qu’à l’harmonica, a servi d’ancre à ces chansons risquant de manquer le prochain arrêt de l’autobus magique.

La soirée s’est terminée sur la performance en dents de scie de Les Monsieurs — quatuor accompagné pour l’occasion par une Madame aux claviers. Le plus expérimenté des trois, ayant offert une première maquette en 2016, le groupe rock-pop (parfois plus folk) lanaudois présentait les chansons de son deuxième album, Crise de cœur, réalisé par Dany Placard et lancé l’automne dernier.

 
Photo: Frédérique Ménard-Aubin Ches Les Monsieurs, la nervosité était palpable, mais l’exécution fut sans faille. C’est le matériel, les compositions, qui peinaient à nous atteindre.

C’était la deuxième fois qu’ils chantaient ces chansons neuves, pandémie oblige. La nervosité était palpable, mais l’exécution fut sans faille ; c’est le matériel, les compositions, qui peinaient à nous atteindre. Des mélodies qui filent entre les deux oreilles et des thèmes incohérents, le groupe passant d’une chanson de taverne à une diatribe engagée où s’emmêlent le scandale des paradis fiscaux, le réchauffement climatique, l’obsolescence programmée et le drame du manque d’eau potable dans les réserves autochtones.

Nous aurons donc droit à trois soirées de demi-finales relevées et éclectiques. Pop-rock indé du côté de Vendôme et oui merci, plus crotté chez Douance. Rap plein d’esprit avec J.A.M. et Calamine. Chanson nostalgique des années 1970 avec Étienne Coppée, contemporaine et atmosphérique avec Ambre Ciel et tremble, et enfin dance-pop avec Super Plage. Les organisateurs du concours-vitrine souhaiteraient enfin pouvoir tenir ces demi-finales devant un public (restreint) les 26, 27 et 28 avril prochains, toujours au Lion d’Or, ce qui donnerait une meilleure ambiance aux webdiffusions simultanées, mais comme tous les diffuseurs de la région montréalaise, ils demeurent à la merci de cette troisième vague et des choix du gouvernement. À suivre.

 

Le palmarès final de la ronde préliminaire :

1. Étienne Coppée

 

2. Vendôme

 

3. Calamine

 

4. J.A.M.

 

5. Ambre Ciel

 

6. Douance

 

7. oui merci

 

8. tremble

 

9. Super Plage


Plongez, en vidéo, dans les portraits des trois candidats de la semaine



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