Franz Schubert, Orchestre de chambre d’Europe, Nikolaus Harnoncourt

Nous avons déjà deux intégrales des symphonies de Schubert de Nikolaus Harnoncourt : celle à Amsterdam (Teldec-Warner) et celle publiée par le Philharmonique de Berlin. Ce coffret est pourtant pertinent, car il associe le chef à l’Orchestre de chambre d’Europe (OCE), son partenaire dans Beethoven. Nous sommes ici en 1988, en concert à la Styriarte de Graz, quartier d’été de Harnoncourt. Quand l’intégrale Amsterdam était sortie, elle n’avait pas l’aura des Beethoven et beaucoup regrettaient qu’elle ne se fût pas faite avec l’OCE, qui, en 1986 et 1987, venait d’enregistrer un Schubert « moelleux » avec Abbado pour DG. Des contraintes contractuelles ne permettaient sans doute pas un Schubert-OCE-Harnoncourt au disque. Or, ce mariage de cœur s’impose face au mariage de raison à Amsterdam en 1992. En Hollande, le chef force sa volonté avec crispation alors qu’ici, tout le monde parle la même langue. C’est bien ce coffret qui reflète l’image du Schubert musclé et dense du chef qui se détendra et s’arrondira 20 ans plus tard dans l’intégrale berlinoise.  

Franz Schubert

★★★★ 1/2
Classique

Orchestre de chambre d’Europe, Nikolaus Harnoncourt, ICA, 4 CD, ICAC 5160

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