Kent Nagano sur écran, premiers concerts en salle

Le troisième et dernier concert webdiffusé de Kent Nagano à l’OSM repose sur la symbolique forte de l’adieu et du renouveau.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le troisième et dernier concert webdiffusé de Kent Nagano à l’OSM repose sur la symbolique forte de l’adieu et du renouveau.

Le troisième et dernier concert webdiffusé de Kent Nagano à l’OSM repose sur la symbolique forte de l’adieu et du renouveau.

Dans la longue saga des faux adieux de Kent Nagano à Montréal, il y eut initialement le double plan d’une symphonie Résurrection de Mahler à la Maison symphonique en fin de saison 2019-2020, suivi d’une 9e Symphonie de Beethoven au Stade olympique en conclusion de la Virée classique, grand rassemblement qui n’eut jamais lieu et ne fut même jamais annoncé.

Ces adieux n’en auraient pas été, d’ailleurs, puisque le retour de Kent Nagano était déjà reprogrammé en 2020-2021, lors de la fameuse saison jamais publiée. À l’ouverture des salles de concert à l’automne 2020, il était prévu finalement d’organiser des adieux du maestro devant public restreint en octobre. La symphonie« Les adieux » de Haydn était alors le symbole de ce plan, lui non plus jamais divulgué puisque tout tomba à l’eau à la fermeture des salles le 30 septembre.

Kent Nagano est donc revenu faire une quarantaine pour trois concerts webdiffusés. À un mois près, il aurait eu des spectateurs… Dans cette nouvelle configuration, la symphonie « Les adieux » ne constituait plus les adieux du chef (le chapitre était symboliquement tourné par le documentaire diffusé à Radio-Canada en décembre 2020), mais plus ou moins liée à la pandémie. Le temps fort du programme devenait le mode majeur et le soleil éclatant de la symphonie Jupiter de Mozart, ce renouveau auquel croit Kent Nagano.

Dans le finale de cette 45e Symphonie de Haydn, les musiciens sortent et les lumières s’estompent. L’effet aurait été plus éloquent si l’éclairage de base avait été plus soutenu. De plus, comme pour le second film, le calibrage colorimétrique des caméras ne semble pas le même (entre 45 min 10 et 46 min 05 il y a huit plans assez éloquents).

Musicalement, on connaît le grand intérêt de Kent Nagano pour Haydn et Mozart, et il est visiblement heureux de diriger ces deux œuvres, mais quelque chose n’est vraiment plus là. Nagano sans la précision au scalpel, ce n’est pas Nagano et, franchement, dans ce concert, comme dans les deux autres, ce n’est pas Byzance à force de « pétouilles » aux entournures (finale de Haydn, 1re phrase du menuet, 1er mouvement de Mozart). Bref, on peut regarder le tout par attachement au chef, mais rien de tout cela, à part le Concerto pour orgue de Poulenc (1er concert), n’a été du niveau espéré.

Enthousiasme programmatique

On attend vraiment l’enthousiasme programmatique effusif saluant le retour en salle du public. À part Yannick et l’OM, le monde institutionnel semble à peu près aussi exalté et pressé de recevoir les mélomanes qu’en août dernier, lors du premier déconfinement artistique. Morne plaine… Heureusement, le Métropolitain entamera le bal samedi 27 avec la 2e Symphonie de Brahms et le Concerto pour piano de Clara Schumann et ajoute deux concerts : le 11 avril, la 3e Symphonie de Brahms et Yannick Nézet-Séguin pour la première fois au piano dans le 12e Concerto de Mozart ; puis le 17 avril, la 4e de Brahms et la Sérénade pour vents de Dvorák. Le Ladies’Morning programme le 11 avril son concert avec Matt Haimovitz prévu en octobre, alors que la salle Bourgie a annoncé mardi soir sa réouverture au public dimanche à 14 h 30 avec Andrew Wan et Charles Richard-Hamelin.

Prochains concerts : le Studio de musique ancienne les mercredi 31 mars et jeudi 1er avril avec Membra Jesu nostri de Buxtehude, Les Idées heureuses vendredi à 15 h et le Festival Palazetto Bru Zane les 9, 11, 14 et 15 avril.

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