Chemtrails over the Country Club, Lana Del Rey

Lana est sur la défensive. Elle s’était défendue du manque de diversité raciale dans le visuel de ce huitième album à son dévoilement. Quelques mois plus tôt, elle avait accusé plusieurs artistes femmes de la pop (et, au passage, toutes de couleur) pour leur hypersexualisation et leur manque de vulnérabilité. L’intervention était déplacée, mais il faut quelque part donner raison à cette pauvre petite fille riche et blanche : peu de chanteuses creusent comme elle le point de vue féminin sur les déceptions et humiliations subtiles du régime hétérosexuel. Si Norman Fucking Rockwell ! (2019) rasait la quasi-perfection dans cette délicate entreprise, sa suite considère en plus l’importance des amitiés féminines dans ce contexte de post-révolution sexuelle. Plus country-folk et plus hâtif que NFR !, Chemtrails comporte aussi moins de moments mémorables. La gamme vocale est plus large, mais celle des émotions reste la même : spleen et fièvre passionnelle. Difficile de surpasser le dernier album, mais c’est bien d’essayer.

 

Chemtrails over the Country Club

★★★★
​Pop

Lana Del Rey, Polydor