Spectacles - Le groupe français La rue Kétanou sillonne les routes du Québec

Les routes du Québec sont désormais à eux: les membres du groupe français La rue Kétanou ont entamé dimanche dernier une éprouvante tournée de sept concerts en sept jours qui conduit la formation de Québec à l'Île-aux-Coudres en passant par Tadoussac, Jonquière et Sherbrooke. Ce soir, La rue Kétanou fait halte à Montréal où le groupe donne un concert à 20h au Medley, rue Saint-Denis.

Certaines de leurs chansons font quelque peu penser à d'autres groupes français tels les Têtes raides, Tryo ou encore Zebda. Mais La rue Kétanou possède bien un style... Kétaheu! Et cela en fait une des bonnes formations du moment.

D'où viennent-ils? «La rue Kétanou, c'était d'abord du théâtre de rue accompagné de chansons, puis un jour il y eut assez de chansons pour devenir chanterons», explique Olivier Leite au Devoir, le téléphone dans une main et un pied déjà dans le camion qui doit le conduire de Sherbrooke à Jonquière pour le prochain concert.

Olivier Leite (guitare), Mourad Musset (guitare) et Florent Vintrigner (accordéon) se sont rencontrés au Théâtre du Fil à Paris. «C'est donc grâce aux parades de rue, aux animations et aux créations théâtrales que nous avons commencé à fredonner les mêmes refrains dans le fond du bus», raconte Olivier Leite. Après Paris, les trois acolytes sont partis en Bretagne passer leur chapeau sur les terrasses et les marchés. Ils prolongeaient bientôt leur spectacle de théâtre par un concert puis, tout doucement, commençaient à ne plus jouer que les chansons composées au cours de leur périple.

Comme bien des groupes, ils ont joué de rue en rue, de bar en bar, avant de se produire dans des petites salles, et de sortir enfin leur premier album en 2001. Le groupe français Tryo a notamment participé à cette ascension en offrant à La rue Kétanou l'occasion de jouer en première partie de plusieurs de leurs concerts à Paris.

Comment décrire leur musique? «Chacun ressent ça à sa façon, interprète la musique en fonction de sa sensibilité», répond Olivier Leite. Se pliant contre son gré à l'exercice, il ajoute, «c'est un mélange de musique tsigane, de flamenco, de rap et de chanson traditionnelle». Rien de moins.

«On ne se revendique pas comme un groupe engagé, on ne chante pas contre quoi que ce soit. Au contraire, on préfère chanter pour un état d'esprit, pour une façon de vivre et de penser», explique Olivier Leite.

Après deux albums et un «live», La rue Kétanou atteint une certaine maturité. Cette rapide tournée du Québec montre cependant que le groupe n'a pas renoncé à ses premières amours: la rue. Et pourquoi? «Parce que c'est pas nous qui sommes à la rue, c'est La rue Kétanou!»