Jurgis Karnavičius

Alors que nous connaissons en général de la musique des Pays baltes les créateurs popularisés après la perestroïka et la chute du Mur, nous voici face à un compositeur né en 1884 et mort en 1941. Jurgis Karnavičius est-il le père de la musique lituanienne ? Non. Laissons ce titre à Konstantinas Čiurlionis (1875-1911), aux poèmes symphoniques popularisés par Evgueni Svetlanov. Karnavičius, dont deux quatuors de 1913 et 1917 sont ici enregistrés en première mondiale, est un créateur singulier que même la notice ne cerne pas. Comment ce diplômé en droit devenu élève de la fine fleur des professeurs du Conservatoire de Saint-Pétersbourg (Liadov, Rimsky, Glazounov) a-t-il pu composer une musique chromatique si franco-berlino-viennoise, quelque part entre Debussy, Schrecker et Zemlinsky, ce qui ne nous mène certainement pas à Saint-Pétersbourg ? Le 1er Quatuor est une œuvre de fin d’études, le second, une œuvre de captivité, Karnavičius ayant été fait prisonnier par les Allemands en 1915. Fascinants avatars de la musique des années 1910.

 

Jurgis Karnavičius

★★★★
​Classique

Quatuors à cordes nos 1 et 2, Quatuor de Vilnius, Ondine, ODE 1351

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