Poulenc en vedette pour le retour de Kent Nagano

Si Kent Nagano a choisi la «Kammermusik no 1» de Hindemith en ouverture de programme, c’est parce que cela lui permet de retrouver les solistes de l’orchestre, mais aussi parce qu’il s’agit d’une œuvre «post-pandémie» d’il y a 100 ans.
Photo: Felix Broede Si Kent Nagano a choisi la «Kammermusik no 1» de Hindemith en ouverture de programme, c’est parce que cela lui permet de retrouver les solistes de l’orchestre, mais aussi parce qu’il s’agit d’une œuvre «post-pandémie» d’il y a 100 ans.

Alors que l’Orchestre symphonique de Québec sera en mesure de mettre en vente 250 billets pour son concert Tchaïkovski-Mendelssohn du mercredi 17 mars avec Jordan de Souza et André Laplante, l’OSM et tous les organismes en zone rouge restent coincés dans leurs webdiffusions. L’OSM s’engage pour plusieurs semaines avec Kent Nagano. La première regroupe des œuvres de Hindemith, Poulenc et Beethoven.

Le Concerto pour orgue, cordes et timbales de Poulenc a été un des gagnants de la pandémie, car il permet d’occuper de nombreux instrumentistes à cordes et ne donne pas de sensation de « manque » à l’auditeur ou aux musiciens. Au contraire, il apparaît spectaculaire quand il est aussi bien enregistré qu’ici.

La première qualité de cette webdiffusion est en effet la réalisation visuelle et sonore, l’orgue (impeccable registration) ayant l’ampleur, les graves et la dynamique requise.

Il est passionnant de comparer l’interprétation avec le récent concert de Jakub Hrusa, Christian Schmitt et le Philharmonique de Munich, prestation de très haut niveau, surpassée par l’articulation et la netteté de l’interprétation de l’OSM, Jean-Willy Kunz et Kent Nagano (cf. finale).

Beethoven à la limite

Si Kent Nagano a choisi la Kammermusik no 1 de Hindemith en ouverture de programme, c’est parce que cela lui permet de retrouver les solistes de l’orchestre, mais aussi parce qu’il s’agit d’une œuvre « post-pandémie » d’il y a 100 ans. Nagano et les musiciens abordent la partition avec tout le panache et les prises de risque qui en font le sel.

Dans la 2e Symphonie de Beethoven, le ton est à la décantation et à l’articulation mordante. Le vibrato est extrêmement spartiate, ce qui n’est pas sans créer des inconforts dans le 2e mouvement. Écoutez violons et flûte entre 1 h 15 min 20 s et 1 h 15 min 45 s (et même la fin du mouvement !) : on a déjà connu l’OSM autrement plus affûté. S’agissant d’une webdiffusion, on aurait peut-être pu reprendre ça… Kent Nagano en demande-t-il plus (cf. le pétaradant finale) que les autres chefs, qui semblent se garder une certaine réserve pour distanciation pandémique ? En tout cas, dans Beethoven, l’orchestre atteint assurément ses limites.

Autres nouvelles webdiffusions : Aline Kutan, Boris Brott et l’OCM (depuis mardi), la 1re de Brahms à l’OM (12 mars), le Trio Fibonacci (13 mars). À noter que l’OM offre son Requiem de Fauré en mémoire des victimes de la COVID de mercredi 12 h à jeudi 23 h 59.

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