Franz Schubert, Erich Höbarth, Alexander Rudin, Aapo Häkkinen

Parue en même temps qu’une nouvelle interprétation détachée et assez étrangement sonnante du Trio Busch (Alpha 632), qu’elle surpasse en tous points, cette version du Trio op. 100, couplée à une suprême Sonate arpeggione, est la porte d’entrée idéale pour l’écoute de la musique de Schubert sur instruments anciens. Aapo Häkkinen touche ici un pianoforte Conrad Graf de 1827 admirable de focus et de brillance sonore (souvent les vieux Graf ont un son un peu « cartonné »). Surtout, il n’y a, parallèlement à l’utilisation des instruments, aucun signe de militantisme sonore. Les musiciens interprètent la musique en faisant vivre et chanter les phrases, sans emphase exagérée, mais avec une large palette dans l’utilisation du vibrato. Par contre, le son plus émacié permet une écoute mutuelle plus sensible, une pâte sonore plus transparente, comme on le perçoit bien dans le retour du thème du 2e mouvement dans le Finale du Trio. La couleur d’arpeggione obtenue par Rudin est si saisissante qu’on aurait aimé des détails sur l’instrument.

Franz Schubert

★★★★ 1/2
​Classique

Erich Höbarth, Alexander Rudin, Aapo Häkkinen, Naxos 8.573 884

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