That’s Life, Willie Nelson

Elvis Costello, Dylan, Willie Nelson — tous ils aboutissent au même coin de rue, aux mêmes p’tites heures de la nuit chez le Sinatra des années 1950. Et ils y retournent plusieurs fois, tant les ballades sophistiquées et bluesées, les arrangements façon Nelson Riddle, le phrasé disent éloquemment la complexité des sentiments auxquels personne n’échappe : mélancolie, désir, amertume. À 87 ans, à travers les volutes de ses herbes comme Sinatra dans sa fumée de cigarette, Willie Nelson lève sa Trigger toute trouée à celui qu’il était, au temps où il écrivait Crazy pour Patsy Cline : un crooner. Willie est encore assez vert pour partager I Won’t Dance avec Diana Krall, capable d’incarner l’amoureux transi d’In the Wee Small Hours of the Morning : cela s’entend dans les inflexions de sa voix unique, au timbre à la fois doux et désagrégé, qui résonne dans le studio d’Ol’Blue Eyes chez Capitol (le fameux Stack O’Records). Somptueux et intime, rude et velouté, un album de suave résilience. Un de plus. Écoutez Cottage For Sale

 

That’s Life

★★★★
​Reprises

Willie Nelson, Sony Legacy