Une fin de semaine au son de la guitare

Un inattendu concert de guitare
Photo: Chloé McNeill Un inattendu concert de guitare

En ce mois de février riche en webdiffusions classiques, c’est un inattendu concert de guitare qui l’emporte haut la main !

Capté en direct jeudi à 16 h et disponible jusqu’à dimanche sur Livetoune, le programme d’I Musici « Histoires de guitares », avec David Jacques et Jean-Marie Zeitouni, propose variété et originalité. La pièce connue est le concerto de Vivaldi, mais l’intérêt du projet est dans la partie habilement didactique de David Jacques, collectionneur d’instruments et sympathique vulgarisateur. Voici un programme qui divertit, séduit (fabuleuse traduction orchestrale d’Asturias d’Albeniz) et informe. Autre excellente initiative : une animation avant le direct.

L’autre concert avec guitare, où l’Orchestre classique de Montréal reçoit Daniel Bolshoy, n’est, hélas, pas du tout du même niveau. L’orchestre sonne de manière trop émaciée et éparpillée.

L’Orchestre symphonique de Montréal propose en diffusion payante jusqu’à mardi le second des concerts captés avec Alexander Shelley en novembre 2020. Il regroupe Roméo et Juliette de Tchaïkovski, la Sérénade de Bernstein avec Andrew Wan et Prélude et Mort d’Isolde. C’est un peu dur d’écouter un Tristan et Isolde appliqué et méthodique par des musiciens masqués dans une semi-pénombre en pensant à Alain Altinoglu dans cette même œuvre à Lanaudière. D’un très honorable niveau, ce second concert de Shelley n’égale en rien celui qui avait culminé avec Mort et transfiguration. L’intérêt principal est de retrouver Andrew Wan en très grande forme dans la Sérénade de Bernstein.

Le concert (payant) « Le Lac des cygnes » de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières et Jean-Claude Picard enregistré à la Maison symphonique de Montréal est disponible jusqu’au 26 février : concert honorable un peu précautionneux dans une belle disposition scénique donnant le plaisir de voir un orchestre majoritairement non masqué. Étrange étalonnage colorimétrique toutefois (teintes froides et image un peu voilée) avec un son ramassé.

En rapport musique/technique, un concert gratuit égale l’offre d’I Musici : le Gala de la Saint-Valentin de l’Opéra de Québec, « Les mots et maux d’amour ». Il est disponible sur le site de l’institution.

À venir

Balayons l’idée reçue d’un hypothétique temps nécessaire à l’ouverture des salles de concert : les établissements fonctionnent, avec une programmation définie. L’écrasante majorité des programmes présentés dans le vide peuvent l’être demain, à l’identique, dans le respect du couvre-feu, pour webdiffusion et devant public au bénéfice des mélomanes, musiciens et institutions. Les protocoles d’accueil de l’auditoire ont été testés et rodés en septembre.

Le Festival Montréal/Nouvelles Musiques (MNM) a débuté devant caméras seules jeudi soir sur le site festivalmnm.ca avec « Musique sans frontières » par le Vancouver Inter-Cultural Orchestra (VICO). Tout est gratuit : « Molinari à la carte » (19 février, 19 h 30) ; « Ode à L’Infonie » (20 février, 19 h 30) ; « Lachrimæ » (21 février, 19 h 30), un programme avec des créations autour des Lachrymæ de Dowland jouées par le Quatuor Bozzini et Les Boréades.

Filmés jeudi soir à la salle Bourgie, Blake Pouliot, Stéphane Tétreault et les solistes de l’Orchestre Métropolitain proposent le 2e Quatuor de Borodine et le Quintette de Schubert jusqu’au 4 mars au tarif de 20 dollars. Stéphane Tétreault est également présent sur la plateforme Livetoune avec un concert Pro Musica, accessible jusqu’au 28 février, lors duquel il interprète la Sonate pour violoncelle et piano de Chopin et les Pièces de fantaisie de Schumann.

Enfin, ce vendredi à 18 h les violoncellistes Amanda Keesmaat, Elinor Frey et Camille Paquette-Roy, entourées de Luc Beauséjour (orgue) et Sylvain Bergeron au luth, exploreront l’œuvre de Pachelbel, incluant évidemment le fameux Canon.

Trois suggestions à l’international pour finir. Sur YouTube, la Symphonie en ut mineur de Kraus par Andrea Marcon avec l’Orchestre de la Radio de Francfort (une grande découverte si vous ne connaissez pas) et, toujours à Francfort, la version originale (1907) de la Tragédie de Salomé de Florent Schmitt par Alain Altinoglu. Sur le site de la Philharmonie de Paris les Symphonies n° 6 et 7 de Sibelius par Esa-Pekka Salonen et l’Orchestre de Paris.