Eugène Ysaÿe, les six sonates pour violon seul, Kerson Leong

Nous connaissons Kerson Leong depuis l’âge de 13 ans. Sa formation à Bruxelles auprès d’Augustin Dumay est venue à point pour faire de ce surdoué un artiste raffiné, digne dauphin de James Ehnes au pays. Cette interprétation est suprême sur le plan violonistique : les écueils techniques sont surmontés avec aisance, les écarts dynamiques millimétrés, les phrases burinées. Mais, pour Ysaÿe, son exécutant « a dû vivre toute la gamme des émotions afin de toutes les exprimer dans son jeu ». Se pose donc la question du moment de la carrière on l’on aborde Ysaÿe et ce qu’on y raconte. Quand un seul instrument peut devenir orchestre, l’univers (1923) de ce violoniste compositeur peut être comparé à l’expressionnisme de Fritz Lang. Dans cet océan de perfection, le bémol est clair : quelle trame narrative est donc mise en place par Kerson Leong ? Où est Hitchcock dans la 2e Sonate, « Obsession » ? Commencer par Ysaÿe est très hasardeux. Tianwa Yang (Naxos) l’a fait crânement. Mais on s’en remet à Kremer et Zimmermann pour les furies et les ombres.

 

Eugène Ysaÿe

★★★ 1/2
​Classique

Les six sonates pour violon seul, Kerson Leong, Alpha 455

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