Légèrement, Rosier

Évoluer. Ça semble tout naturel quand on vient d’un monde de musique sans agents de conservation. La maison trad — havre de mémoire vivante — peut aussi être une chapelle. Pour en sortir, il faut s’en affranchir. Changer, jusqu’au nom. Du groupe Les Poules à Colin a ainsi fleuri Rosier, et les pousses d’antan se sont frottées à la modernité folk. Avec le plus grand bonheur, et un sentiment de libération qui rend léger, tout léger, d’où le titre de l’album. Les cinq filles et gars batifolent désormais dans le grand champ folk-pop où gambadent déjà les Bon Iver et compagnie. C’est la même floraison que vécurent les folkies purs et durs du début des années 1960, s’épanouissant sous mille formes après 1967, de Pentangle à Fairport Convention. En français et en anglais (notez le clin d’œil : l’une des chansons s’intitule Paula Collins…), de folk presque prog (Dans les voyages) en pop délicate (Mad River), on couvre beaucoup de terrain. Plus qu’agréablement. C’est rien de moins que l’album bienfaisant dont on a besoin. Maintenant.  

Légèrement

★★★★
​Folk

Rosier, FamGroup

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