Une dernière pour le Polliwog

Une page vient d'être tournée dans la petite histoire de la musique alternative au Québec. Après sept années d'activité, le festival Polliwog en sera cet été à sa dernière édition, faute de commanditaires et de partenaires. L'an dernier, le festival avait déjà souffert de problèmes financiers et du désistement des amateurs en région.

Les problèmes financiers du festival s'étaient fait plus cruellement sentir l'an dernier alors que les réponses tardives des subventionnaires avaient forcé les organisateurs à se rabattre sur des têtes d'affiche dont la présence avait été confirmée à la toute dernière minute et qui n'avaient pas soulevé l'enthousiasme des amateurs en région autant que les années précédentes. La tournée de l'an dernier avait fait beaucoup jaser dans les officines de la musique underground alors que la présence du groupe rock canadien The Tea Party, un gros canon, avait mené les organisateurs à hausser le prix de billets, faisant hésiter les jeunes qui fréquentaient ce festival itinérant jusque-là considéré comme accessible.

Du coup, en faisant appel à une formation rock alternative comme tête d'affiche, le festival avait perdu une partie de son identité, lui qui, bien qu'il ait toujours tenté d'ouvrir ses portes à la diversité des styles, était identifié à la musique métal. Les groupes américains Anthrax et Cannibal Corpse avaient précédé The Tea Party comme groupes importants de la tournée. Le festival a tout de même permis à des formations d'ici et de France, toujours actives ou disparues, de sillonner le Québec: B.A.R.F., Mass Hystéria, Watcha, WD-40 ou Banlieue Rouge, pour ne nommer qu'eux.

La douzième et dernière édition du festival ne passera cet été que par Québec et Montréal (les 2 et 3 août respectivement), reportant à l'automne le départ de la caravane vers Port-Cartier, Rouyn-Noranda et Jonquière. À Québec, le Polliwog s'intègre au festival Envol & Macadam pour présenter les spectacles de Groovy Aardvark, Insurgent, Buildings et Gou-H. À Montréal, le lendemain, le parc Jeanne-Mance accueillera, dès 14h, les groupes Ludger, La Cage de Bruits, Démence, Les Martiens, Minds, Gou-H, Insurgent et Martyr. The Kingpins, peut-être une des meilleures formations de ska en ville, sera donc le dernier groupe de l'histoire du festival à occuper la scène montréalaise.

Les organisateurs déplorent n'avoir jamais reçu de sommes récurrentes pour assurer le développement du festival. Par voie de communiqué, Les Productions Polliwog ont constaté à regret qu'«il semble qu'il soit difficile de faire comprendre la nécessité de ce festival pour les jeunes et pour la diversité culturelle au Québec».