The Lost Berlin Tapes, Ella Fitzgerald

Constat rapide : les « lost tapes »retrouvés abondent en jazz. Entre séances studio disparues et concerts captés mais oubliés, les « enregistrements historiques » permettent d’étendre le répertoire connu des grands noms du genre. L’intérêt réel ? Très variable. Mais quand le document s’élève au-dessus des seules prétentions marketing, comme ici avec Ella Fitzgerald (ou récemment avec Coltrane), on applaudit. Le chant jazz a certes beaucoup évolué depuis ce soir de mars 1962, mais Ella reste Ella : interprète fondamentale, reine du scat et du phrasé précis, l’incarnation même de ce que le mot « swing » veut vraiment dire. Et tout cela s’entend ici (grâce notamment à la qualité sonore irréprochable). Alors âgée de 44 ans, entourée d’un solide trio, Fitzgerald est vocalement et artistiquement en pleine maîtrise de son art — ce que le public de Berlin-Ouest semble constater avec une sorte de fébrilité contagieuse. Le lieu l’inspirait visiblement : Fitzgerald avait déjà enregistré là un classique en 1960 (Mack the Knife). En voilà un deuxième. Écoutez Cheek To Cheek

The Lost Berlin Tapes

★★★★
Jazz

Ella Fitzgerald, Verve