Naya Ali remporte l’un des premiers Prix de la musique noire de la Fondation SOCAN

«Je trouve ça important de reconnaître la musique noire. C’est le rap, le hip-hop, le R&B. On n’a pas beaucoup de représentation dans les radios, dans les médias», dit la chanteuse. 
Photo: Neil Mota «Je trouve ça important de reconnaître la musique noire. C’est le rap, le hip-hop, le R&B. On n’a pas beaucoup de représentation dans les radios, dans les médias», dit la chanteuse. 

La rappeuse montréalaise Naya Ali est l’une des lauréates de la première édition du Prix de la musique noire canadienne, lancé par la Fondation SOCAN. La rappeuse de 32 ans a fait paraître son premier véritable album, Godspeed, au début de la pandémie, en mars 2020.

« Je trouve ça important de reconnaître la musique noire. C’est le rap, le hip-hop, le R&B. On n’a pas beaucoup de représentation dans les radios, dans les médias », dit la chanteuse, jointe au téléphone.

Non seulement les populations noires sont à l’origine de ces styles de musique, mais elles ont aussi inventé le blues, le jazz, voire le disco, relève-t-elle.

D’ailleurs, comme beaucoup de rappeurs, Naya Ali utilise fréquemment le mot en n dans ses textes. C’est une expression, pour la communauté noire, « qui peut unir les gens », une façon de reprendre une expression empruntée pour en refaire « quelque chose de beau ». « En tant que rappeurs, on utilise ça couramment. »

Pour elle, les Blancs n’ont cependant « aucune bonne raison » d’utiliser cette expression. « Il y a des limites à ne pas franchir », dit-elle.

Inspirer d’autres rappeuses

Avant d’écrire du rap, elle écrivait de la poésie. Originaire d’Éthiopie, Naya Ali a grandi à Notre-Dame-de-Grâce. Si elle a fréquenté l’école primaire et secondaire francophone, la langue parlée à la maison était l’anglais. « Je pense en anglais et j’écris en anglais », dit-elle.

Elle relève d’ailleurs que, sur la scène québécoise, le rap anglophone est moins développé que le rap francophone. « Il y a le rapqueb », signale-t-elle. On y trouve Loud ou 5sang14, par exemple. Le rap anglophone québécois a « un petit bout de chemin à faire », en ce sens.

Quant au fait qu’elle est encore l’une des rares rappeuses anglophones, elle ne s’en formalise pas.

« Il n’y a pas beaucoup de femmes qui rappent en anglais, mais ça ne me dérange pas du tout. Je sais que cela va en inspirer d’autres automatiquement », dit-elle.

Godspeed est en fait la première partie d’un album double, dont la deuxième partie paraîtra ultérieurement, peut-être, espérons-le, de nouveau à la vitesse des dieux.

Les quatre autres lauréats des Prix de la musique noire canadienne, qui vivent tous en Ontario, sont TOBi, RAAHiiM, Hunnah et Dylan Sinclair.

La Fondation SOCAN a décidé de lancer cette première édition du Prix de la musique noire canadienne en collaboration avec l’« entreprise de divertissement audio » SiriusXM. « La création de ce prix s’est faite en réaction aux tensions raciales très médiatisées qui ont sévi au début de 2020 et à la problématique entourant le racisme systémique dans nos sociétés », écrit la Fondation.

On précise que le terme « musique noire » « se veut inclusif et représente la musique créée, produite ou inspirée par la population noire, par des groupes d’ascendance africaine, y compris les traditions musicales africaines et la musique populaire africaine ainsi que les genres musicaux de la diaspora africaine, notamment la musique afro-caribéenne, afro-latine, afro-brésilienne, et afro-américaine ».

Trois cents candidatures, provenant de tout le pays, et dans divers styles musicaux, ont été acheminées au jury.

Les lauréats empochent une bourse de 5000 $, grâce à un partenariat avec Sirius XM.

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