J.T., Steve Earle and The Dukes

Fils mort d’une surdose de drogues en août 2020. Relation ténue, voire hostile, entre père et fils. Parcours d’auteurs-compositeurs-interprètes en parallèle. Peine indicible. Comment dire tout ça ? Sans le dire, justement. C’est la façon qu’a trouvée Steve Earle. Plutôt que de se jouer dans la plaie jusqu’à en mourir lui aussi, le vétéran baroudeur vit le deuil de son fils Justin Townes Earle en faisant vivre les chansons du fiston. Il reprend onze de ses titres, choisis surtout en fonction de leur force de frappe : il ne s’agit pas ici de s’appesantir, mais bien de s’étourdir, avec ses Dukes en renfort, et de célébrer le meilleur du répertoire (de la jem’enfoutiste I Don’t Care à la désespérante Turn Out My Lights). Le paternel ajoute en finale une seule chanson nouvelle, la bien nommée Last Words, qui dit tout, sans chichi, sans dramatiser ce qui l’est déjà bien assez. La douleur est là, flanquée sur la table, exposée, les questions et regrets ne trouvent ni réponses ni résolution. À nous la suite.

J.T.

★★★ 1/2
​Americana

Steve Earle and The Dukes, New West

À voir en vidéo