Franz Schubert, Quartettsatz, Quatuor Arod

Il y a des disques qui paraissent si marquants qu’il faut les présenter même si l’on n’est pas vraiment d’accord avec ce que l’on entend. Ce n’est plus La jeune fille et la mort ; c’est Le cri d’Edvard Munch. Après l’hypervirtuosité ardente des Hagen, on avait franchi un autre palier avec les Belcea. Aller au-delà était donc possible ! Le début de La jeune fille et la mort est un coup de massue et le Quatuor Arod ne lâche jamais. Pourtant, ce harcèlement physique et sonore ne vire jamais à la laideur. Alors, stylistiquement, Schubert en expressionniste sous amphétamines est surtout un Schubert qui semble avoir digéré les derniers quatuors de Beethoven. Cela pose une question : le Quatuor no 14 a été créé en janvier 1826 alors que les Op. 127 à 133 de Beethoven ont été révélés à partir de mars 1825 et pendant l’année 1826. L’assimilation schubertienne de cette abstraction lapidaire nous paraît très douteuse. Il reste, dans l’optique choisie, une cohérence totale et une force inédite. Révélation hallucinante ou dérive trash ? Affaire de goût.

 

Franz Schubert

★★★
​Classique

Quartettsatz, Quatuor Arod, Erato 0190295172473