Marche moderne, Oblique

Qu’est-ce qu’il raconte, au juste, le groupe Oblique, sur son second album, Marche moderne ? Ce n’est pas clair, et c’est ce qui fait son charme. Voici un album concept aux images dadaïstes (« 130 chevaux soufflent les filandres/Qui parle le lion d’or de la calandre », chante Félix Petit, alias FELP, sur Cinq Cent Quatre), « road trip musical et charnel » ainsi qu’on le décrit, suggérant l’idée du voyage, physique et intérieur, sur des musiques recherchées liant chanson, new wave et rock expérimental, évoquant tantôt la psychédélique douceur d’un Patrick Watson (en ouverture) et l’ambition prog-rock orchestrale de Barrdo, sur l’envoûtante Dans la jungle abstraite au cœur du disque, avec chœur et saxophone. Une marche entre deux mondes, une ballade somnambule interprétée en anglais et en français, aux mélodies et aux structures sinueuses (belle et étonnante Oak) où les synthés vaporeux servent de toile de fond aux motifs rythmiques ingénieux de Simon Saint-Hillier, alias Simpson Sanhill. L’écouter, c’est l’adopter.

Marche moderne

★★★ 1/2
Rock

Oblique, Pantoum Records