Damien Robitaille joue au père Noël

Damien a fait mouche avec sa reprise de «Pump Up the Jam», où son chien Suki fait irruption depuis l’arrière du décor. La vidéo a été visionnée, partagée et repartagée plus de 4,5 millions de fois.
Photo: Adil Boukind Le Devoir Damien a fait mouche avec sa reprise de «Pump Up the Jam», où son chien Suki fait irruption depuis l’arrière du décor. La vidéo a été visionnée, partagée et repartagée plus de 4,5 millions de fois.

La bonne nouvelle,c’est que, malgré tout, le Noël de 2020 à Montréal ne subira pas le même sort que l’Halloween 2019 : fêtes il y aura, aussi bizarres soient-elles. Ainsi, la série de concerts Noël dans le parc qui anime décembre depuis plus de vingt-cinq ans aura lieu, non plus à la place Émilie-Gamelin, au parc des Compagnons-de-Saint-Laurent et au parc Lahaie, mais dans le confort de nos confinements, via Internet, qui a fait des miracles pour le porte-parole de cette édition du Noël dans le parc et ses « Concerts sous le sapin » gratuits, Damien Robitaille.

Ça a commencé le 25 mars, en pleine première vague. Avec Good Vibrations des Beach Boys, la chanson donnait le ton. Damien installé à son piano droit, le regard tourné vers sa caméra dans ce décor sobre gris-brun où il enregistre ces joviales et souvent ingénieuses reprises de chansons pop. Arrivé aux vacances d’été, il en avait fait déjà une centaine : du Jean Leloup, du Carole King, du Radiohead, du Nine Inch Nails, du Stevie Wonder, du Billie Eilish, et quoi encore. Ses envies musicales du moment sont devenues nos sourires quasi quotidiens, le plaisir renouvelé de consulter distraitement notre fil Twitter pour tomber sur un nouveau clip de Damien, qui a le don de mettre un peu de soleil dans la journée de n’importe quel confiné. Un vrai marchand de bonheur.

Le 1er décembre dernier, Damien a mis en ligne sa reprise de Pump Up the Jam, succès souvenir dance des années 1990 signé Technotronic. Avec son chien Suki faisant irruption dans le studio maison depuis l’arrière du décor. Sa vidéo a fait mouche — en moins de trois semaines, elle a été visionnée, partagée et repartagée, à plus de 4,5 millions de reprises à travers le globe. Presque aussi virale que la COVID-19, réagit Damien : « Ce succès, je le vis au jour le jour. Je passe mon temps à regarder vers le bas — ces jours-ci, soit j’ai les yeux sur les touches de mon piano, soit je les ai sur mon téléphone… »

Depuis le début du mois, ça déboule : il a dit avoir fait tous les plateaux télé au Québec. Il reçoit maintenant des offres « corporatives » pour chanter à des occasions spéciales, par satellite, depuis Amsterdam, New York, Los Angeles, Toronto. Aujourd’hui, il apparaissait sur une chaîne télé de Chicago : « Ils se présentent comme “The number one news show in Chicago” », rigole Robitaille, qui dit avoir gagné un tas de nouveaux fans ces dernières semaines, d’une quarantaine de pays différents dans le monde.

« Le défi, c’est que ce sont des chansons que je n’ai jamais jouées ni chantées, donc je dois les apprendre le jour même, explique-t-il. Je les trouve à l’oreille ; le plus difficile, c’est de créer des arrangements avec le peu d’instruments que j’ai, et de jouer ça avec les seuls membres que j’ai. C’est un beau défi, ça me fait triper, ça me fait redécouvrir les chansons que j’aimais quand j’étais plus jeune ». Plaisir partagé !

Damien a ainsi meublé sa pandémie, à coups de chouettes reprises, offrant aussi quelques concerts virtuels : « C’est drôle, dit-il, durant la pandémie, je n’ai pas fait deux spectacles pareils. Chaque lieu où je jouais pour un public virtuel était différent, alors chaque spectacle était unique, ça demande beaucoup d’énergie et de préparations », comme pour les deux qu’il donnera ce soir, un préenregistré la semaine dernière, l’autre, en solo et en direct, depuis le Théâtre Outremont, dès 20 h.

Au porte-parole de Noël dans le parc de lancer les festivités : dès 19 h 30, Damien (en trio) poussera la chanson de circonstance, suivi d’une performance de Bleu Jeans Bleu (notez que vous devez vous inscrire depuis le site Web de Noël dans le parc pour obtenir un laissez-passer virtuel donnant accès à la diffusion). Il y aura des concerts tous les jours, jusqu’au 25 décembre : Elisapie (19 décembre), Émile Bilodeau (20 décembre), Naya Ali et Les Louanges (21 décembre), entre autres, et en plus des concerts pour enfants presque tous les jours à 13 h.

Damien Robitaille reviendra fêter Noël dans le parc le 24 décembre à minuit, pour une messe en ligne présidée par l’abbé Jean-Pierre Couturier, avec le Quatuor Caxtonien ; le lendemain, 13 h, Damien distribuera les cadeaux le temps d’un concert spécial enregistré à Saint-Élie-de-Caxton : « En plus, je porte un beau costume de père Noël, créé par une costumière, quelque chose de très élaboré ! » s’emballe Robitaille qui, incidemment, a lancé l’année dernière l’album Bientôt ce sera Noël.

Et hormis un vaccin dûment administré, que souhaite-t-on à Damien Robitaille pour la nouvelle année ? « De pouvoir aller en Espagne ! répond-il. Ou bien que le succès que j’ai à l’international continue à se solidifier. Pour l’instant, l’important, c’est de gagner des fans, élargir ma base. En ce moment, ça ne me dérange pas de continuer à faire des reprises si les gens apprécient. Je ne me sens pas le besoin présentement d’écrire des chansons originales — en fait, j’ai déjà sorti cinq albums de mes chansons, que plein de nouveaux fans n’ont pas encore écoutés. En fait, depuis Pump Up the Jam, je n’ai même plus le temps d’enregistrer de nouvelles vidéos, alors je publie à nouveau celles que j’ai déjà faites plus tôt, et ceux qui viennent de me découvrir les adorent. Je lis les commentaires, comme celui de ce type du Royaume-Uni : « Wow, he’s a chap ! He did it again ! »

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