Tour de machine, Émérance

Depuis deux ans, l’auteur-compositeur-interprète et cinéaste Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque) a fait des synthétiseurs modulaires son carré de sable, d’abord en compagnie de Christophe Lamarche-Ledoux pour le projet feu doux, puis en solo sous le nom Émérance. Tour de machine est la seconde parution d’Émérance cette année; elle témoigne avant tout de l’évolution du projet : ces six apaisantes compositions sont moins chétives que celles que Lafleur proposait en mars dernier sur Forêt mixte, comme si le musicien avait gagné en assurance en manipulant ces instruments complexes aux sonorités chaudes et cristallines. Harmonies plus riches, esquisses de polyphonies, fragments de mélodies animent les plus dynamiques compositions de ce nouvel album, Reflets, Espaces perdus et surtout Accoutumance ; sur les deux plus longues, la chanson titre et Dans une telle immobilité, Lafleur fixe notre attention sur un timbre sonore qu’il manipule lentement et finement. Le disque parfait pour meubler nos silences confinés.

 

Tour de machine

★★★ 1/2

Émérance, indépendant