Shadow of Fear, Cabaret Voltaire

En voilà un qu’on ne s’attendait pas à voir retontir. Après 26 ans de silence, le groupe de Sheffield, pionnier de l’industriel, dont il ne reste que Richard H. Kirk, sort un nouvel album, un geste toujours un peu risqué pour les monstres de l’underground. Dans une sorte de mise à jour synthétique des anciennes propositions du projet, Shadow of Fear oscille entre la house apocalyptique, l’industriel analogique alangui et la techno vibratoire lente. La direction que veut prendre le Cabaret Voltaire version 2020 demeure toutefois vaporeuse. Quelques bruits de lasers, des bips-bips et une voix d’échantillonnage à la Big Brother viennent habiller les huit pièces, sans trop de conviction. Seule Papa Nine Zero Delta United, assemblage drum’n’bass avec accents électriques, pique sérieusement la curiosité. L’idée d’anxiété et d’urgence que Kirk a voulu transmettre se perd dans un certain ennui. Dommage, pour un projet qui a toujours repoussé les limites de son art.


Shadow of Fear

★★
​Électronique

Cabaret Voltaire, Mute