Good News, Megan Thee Stallion

Allons-y sans détour : s’il avait fallu lancer une version censurée de Good News, le premier album de la Texane Megan Thee Stallion, c’eût été un disque instrumental. La MC de l’heure — tous sexes confondus — sur la scène rap américaine offre un premier album jovial et salace qui célèbre le corps féminin (sur la bombe Body, par exemple) et l’autorité de la femme sur celui-ci. Une sorte de revanche sur le discours sexualisé de la pop depuis soixante ans par lequel la rappeuse, à la prosodie remarquable et aux jeux de mots habiles, domine les impulsions masculines, sourire en coin. La facture généralement électro et énergique de ses excellentes productions fait de Good News un vrai disque de party, jouissif dans tous les sens du terme. Tous les collaborateurs se prêtent au jeu, sans jamais voler la vedette à Megan — même Beyoncé sur le tube Savage Remix, même la sublime SZA sur Freaky Girls, alors que Lil Durk (sur la pornographique Movie) et Popcaan (agréable Intercourse à saveur dancehall) s’avèrent de parfaits faire-valoir. Oreilles chastes s’abstenir. Écoutez Body, par Megan Thee Stallion

Good News

★★★★
​Hip-hop

Megan Thee Stallion, 300 Entertainment