Franz Schmidt, Orchestre symphonique de la Radio de Francfort, Paavo Järvi

La situation est cocasse : Järvi père (Neeme) et Järvi fils (Paavo) se disputent le marché des intégrales des symphonies de Franz Schmidt, un Viennois, dont la production couvre la période 1899-1933. Le postromantique Schmidt n’a jamais vraiment fait son trou, sauf, relativement, pour la 4e Symphonie, requiem orchestral à la mémoire de sa fille. Son langage musical dérive de Mahler et de Richard Strauss, mais avec une profusion et une complexité harmonique qui demandent à être apprivoisées, comme chez Zemlinsky par exemple. L’apport déterminant de Paavo Järvi est de clarifier les structures et la polyphonie de Schmidt. La prise de son proche et précise permet un contact plus charnel avec les textures sonores, et l’approche de la musique est également plus agissante et animée que celle de ses autres concurrents (Sinaïski, Luisi, Rajter). Jamais Paavo Järvi ne « s’écoute diriger » en se pâmant de la belle musique que son orchestre produit. Avec son évidence désarmante, il domine désormais la discographie et facilite l’approche du compositeur. 

Franz Schmidt

★★★★ 1/2
​Classique

Orchestre symphonique de la Radio de Francfort, Paavo Järvi, DG, 3 CD, 483 8336