Festival d'été de Québec - Le cinéma du chanteur Patrick Watson

N'eût été le off, nous aurions mis bien trop de temps à découvrir cet artiste fascinant qu'est Patrick Watson. Avec sa petite voix, ce chanteur anglophone de Montréal nous transporte dans des riches mélodies planantes et cinématographiques. Carnet d'une festivalière off, jour 1, sur le thème du ravissement.

On dit de ce chanteur de 24 ans qu'il est l'un des secrets les mieux gardés de la scène montréalaise. Or il donne des concerts au compte-gouttes. «Je tiens vraiment à préserver un style dans le groupe, alors quand je joue à Montréal, j'essaie de jouer dans des places intéressantes comme des vieux cinémas. Je veux créer une ambiance différente du bar où on va aller boire et écouter de la musique.» Les vieux cinémas... Le monde des images est une composante fondamentale de l'univers du compositeur. «Normalement, quand j'écris, je vois un film dans ma tête. Il y a toujours un côté cinématographique dans ma musique.»

Aussi, quand on lui demande quelles oeuvres d'art l'ont marqué, il nous parle d'abord de cinéma, de David Lynch. «Ce qui m'intéresse chez lui, c'est sa manière de mettre ensemble deux ambiances qui ne vont pas ensemble, ce qui créée une tension très intéressante.» Le chanteur répond à nos questions en français, avec un fort accent anglais. De temps en temps, il laisse échapper un rire de petit monstre. Formé en musique classique, puis en jazz, il place Claude Debussy et Érik Satie au sommet de ses références. Ses affinités vont ensuite vers la musique électronique.

Depuis son arrivée sur la scène montréalaise, Patrick Watson fonctionne par projet. «J'ai commencé il y a environ quatre ans en faisant un album pour accompagner un livre de photos d'art de Brigitte Henry. Ça s'appelle Waterproof 9. Après, on l'a joué live, et c'est comme ça que ça a commencé, un peu par accident.» Son dernier album, Just Another Ordinary Day (2003), s'accompagne d'ailleurs d'un court film de Brigitte Henry, qu'on peut voir sur Internet (www.patrickwatson.net). D'une extrême douceur, le disque prend la forme d'une longue rêverie mélancolique, et, oui, on imagine un film se dessiner à travers ses orchestrations fournies de piano et de cordes. Patrick Watson sera accompagné de Robbie Kuster à la batterie, Mishka Stein à la basse, Simon Angell à la guitare, qui nous interpréteront des pièces du dernier album et du prochain. La soirée commence à 21h à la galerie Rouje (228, rue Saint-Joseph) avec le DJ Claude L. et une projection de films Kinö. Watson et son groupe suivront, puis les DJ More et Eve N clôtureront la soirée.

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À voir aussi au off: pendant ce temps, ça va brasser du côté de l'Anti (725, Côte d'Abraham), où l'on reçoit à compter de 23h les QC's de Québec, Gwenwed et les Breastfeeders. À la même heure, au Pub Saint-Alexandre (1087, rue Saint-Jean), Luther Wright and the Wrongs et le Sabbath Café présenteront leurs visions respectivement country et lounge des grands succès de Pink Floyd et de Black Sabbath. Luther Wright and the Wrongs joueront également à 19h au bar Le Sacrilège (447, rue Saint-Jean).

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Pendant ce temps au «on»: c'est au tour de l'Orchestre symphonique de Québec d'hériter de la scène des Plaines ce soir, avec une soirée dédiée à l'oeuvre de Tchaïkovski. Maestro Talmi dirigera ce concert, qui débute à 21h. Le Capitole accueille, quant à lui, le blues gospel du trio Holmes Brothers. On dit de ses performances inoubliables qu'elles relèvent de l'expérience mystique. Pas mal pour un petit jeudi soir de juillet...