Monument, Molchat Doma

Comment devient-on le groupe russophone le plus influent au monde ? Il faudrait demander au principal intéressé, le trio de Minsk Molchat Doma, encore très obscur il y a un an et aujourd’hui signé sur le prestigieux Sacred Bones. Voici tout de même une hypothèse. D’abord, grâce à un sens aiguisé de la mélodie nostalgique et de l’esprit gothiques, une opulence de synthétiseurs new wave ciselés, un chant délicieusement psalmodique et une esthétique post-soviétique (il faut voir les bustes de Marx, Lénine et Staline rassemblés dans la vidéo de Discoteque, douce ironie). En second lieu, avec l’aide non négligeable des réseaux sociaux et de YouTube, qui ont fait du groupe une sensation de l’underground. Ajoutons un contexte pandémique favorable à ces envoyés neurasthéniques. Monument, plus dansant et lustré que son austère prédécesseur, Etazhi (2018), tirant plus vers Kino (Utonut, Obrechen) que vers Bauhaus, est un efficace instrument de conquête culturelle pour la langue de Tolstoï.


Monument

★★★ 1/2
​New wave

Molchat Doma, Sacred Bones