The Infinite Ones, King Khan

Dans les dernières années, tous vos artistes préférés semblent revenir au visionnaire et mystique Sun Ra et son Arkestra. Sa musique et son héritage infusent autant le jazz contemporain, bien sûr, que le rock déconstruit et le hip-hop conscient. Le blues rocker King Khan s’y met lui aussi avec cet album free jazz hommage qui, comme son modèle, se pare d’or et de scintillant. C’est du free jazz certes adorateur, mais — on peut sortir le gars du garage, mais pas le garage du gars — qui part du plancher. Du free jazz en interprétation grunge. Et comme cet ex-Montréalais depuis longtemps berlinois mange aussi un peu à tous les râteliers du son, ses nombreuses influences se croisent et prennent leurs aises. Pointes de Laurie Anderson, reflets d’Ennio Morricone, clins d’œil à John Carpenter et à John Coltrane se succèdent dans cette grandiose et naïve trame sonore pour les films « dans nos têtes qui attendent d’être faits ». Les mots de l’artiste.

The Infinite Ones

★★★★
​Jazz

King Khan, Khannibalism