Budapest Concert, Keith Jarrett

La nouvelle a fait le tour du monde il y a deux semaines : Keith Jarrett ne pourra probablement plus jamais jouer en public. Deux AVC subis en 2018 ont laissé la main gauche du plus célèbre des pianistes jazz paralysée, et la droite amochée. Ainsi va la vie : triste, parfois. Et puis très belle, aussi, comme l’illustre ce Budapest Concert — un récital solo improvisé (mais sans applaudissements, et bravo) qui précède dans l’ordre d’enregistrement le Munich 2016 sorti l’an dernier. Jarrett tel qu’en lui-même : sculpteur d’éternité dans le présent. La technique est connue : création spontanée en mouvements aussi distincts que liés, qui explorent tous les climats du piano, et ceux de l’âme également. Jarrett tel qu’en lui-même : tout en contrastes, exigeant sur les chemins de recherche, mais généreux quand ils s’ouvrent à lui. Jarret qui, après quelque 75 minutes d’improvisation, dépose sur la scène deux versions mémorables d’It’s a Lonesome Old Town et d’Answer Me. D’une infinie tendresse. Et tout culmine ainsi.

Budapest Concert

★★★★ 1/2
Jazz

Keith Jarrett, ECM