Antonin Dvorák, Kian Soltani, Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboïm

Kian Soltani, violoncelliste autrichien d’origine iranienne de 28 ans, crée une immense surprise dans cet enregistrement réalisé en concert. La sonorité de son instrument, pure splendeur, déclasse d’emblée l’autre nouveauté de Sandra Lied Haga (Simax). S’y ajoute une fièvre intérieure, une braise expressive qui évoque le Concerto pour violon par Mutter et Honeck chez le même éditeur. L’Opus 104est une œuvre d’une grande nostalgie, mais aussi d’un vrai élan, que les nombreuses versions Rostropovitch ont fini par gommer. Les grands enregistrements récents (Müller-Schott, Queyras, Moser) sont revenus à plus de retenue, y compris dans le jeu et le son, en « beurrant » moins épais. Soltani-Barenboïm réintroduisent davantage de liberté dans l’expression et de générosité dans le son. Relative limite : le couplage avec cinq airs célèbres de Dvorák dans des arrangements pour ensemble de violoncelles. C’est excellent dans le genre, mais limité par rapport au Trio Dumkyde Queyras, au Lalo de Moser et aux compléments de Müller-Schott.

Antonin Dvorák

★★★★
Classique

Kian Soltani, Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboïm, DG 483 6090