Les Boréades, Collegium 1704, Václav Luks

Que nos réflexes ont changé en une ou deux décennies ! Les CD d’ouvrages lyriques se sont faits si rares, le marché s’étant tourné vers le DVD, que l’on n’a plus l’habitude d’écouter vraiment un opéra. Avec Rameau, le mal est double. Les mises en scène ont pris l’habitude d’associer de la danse moderne (hip-hop, notamment) aux intermèdes orchestraux, ce qui a souvent amené les interprètes à en rajouter musicalement (le disque Rameau. The Sound of Light de Teodor Currentzis virant carrément à la caricature). Avec cet enregistrement de concert réalisé au château de Versailles en janvier 2020, Václav Luks et son ensemble, qui ont donné Les Boréades plusieurs fois auparavant, ramènent Rameau à ses proportions en même temps qu’à son bercail. La parution est d’autant plus utile que cette ultime partition de Rameau, chef-d’œuvre entendu pour la première fois en 1975, n’était servie que par un enregistrement audio (Gardiner) et une vidéo (Christie). L’homogène distribution permet de découvrir un étonnant ténor islandais : Benedikt Kristjánsson.

Les Boréades

★★★★
​Classique

Collegium 1704, Václav Luks, Château de Versailles, 3 CD 026