Johann Sebastian Bach, Variations Golberg, Pavel Kolesnikov, Hyperion

Kolesnikov confirme ici qu’il est l’un des grands pianistes de notre temps. Il y a là une narration (Var. XXI), un goût de l’ornementation et, surtout, un sens du son qui sidèrent et nous mènent dans les ultimes variations (transition XXIX-XXX et fin de cette dernière) jusqu’à l’inouï, si bien que l’on a parfois l’impression d’entendre un « piano préparé ». Esthète, Kolesnikov ne tombe pas dans les outrances ornementales de Martin Stadtfeld. Ses Goldberg, il les a travaillées pour une chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker, ce qui peut expliquer cet esprit ludique et agissant (III). Les variations à 2 claviers (V, XI et XX, où l’on dirait le Pogorelich de la grande époque) sont éblouissantes de verve ailée. Ce qui fait l’unicité de cette approche, outre le singulier tempo de la variation XIII, c’est l’alternance d’une franchise sonore très proche et sèche et d’un piano hyper feutré, notamment dans des canons qui, périodiquement, recentrent l’attention avant de nouveaux envols. Après Perahia, Schiff, Tharaud et Rana, voici un autre magicien.  

Johann Sebastian Bach

★★★★ 1/2
Classique

Variations Golberg, Pavel Kolesnikov, Hyperion CDA 68338