Uncivil War, Shemekia Copeland

Si elle est parvenue, avec America’s Child en 2018, à se faire entendre par-dessus le vacarme ambiant (et sortir enfin de l’ombre du paternel Johnny Copeland), Uncivil War est l’album de la mobilisation pour la formidable Shemekia Copeland : la voilà en guerre contre la guerre que se livrent, sur la terre brûlée du racisme systémique, les factions les plus braquées de l’Amérique. La chanteuse propose rien de moins que de renouveler les alliances musicales des années 1960 et 1970, au temps où un guitariste nommé Steve Cropper, grand blanc-bec, œuvrait chez Stax avec les géants du soul afro-américain. Il est là, l’increvable Cropper, avec d’autres blancs vétérans, Jerry Douglas et son dobro, Duane Eddy et ses notes bâââsses, pour soutenir Shemekia dans son gospel et ses blues, jusque dans la misogyne Under my Thumb des Stones, qu’elle empoigne et brandit. Pensez Aretha Franklin, Ruth Brown, Mavis Staples : une voix qui porte. Et un album au front, qui nomme, dénonce et nourrit.

Uncivil War

★★★★ 1/2
Americana

Shemekia Copeland, Alligator Records